Le gouvernement a pris la mesure de la situation. Le 14 octobre dernier à Brazzaville, la ministre du commerce, des approvisionnements et de la consommation, Jacqueline Lydia Mikolo, a échangé avec des importateurs sur l’augmentation des prix de certaines denrées alimentaires. Au cours de cette rencontre, la ministre a reconnu que le prix avait augmenté et que certaines denrées commençaient à se raréfier, avec une tension sur les stocks disponibles. Les pouvoirs publics, souhaitent ainsi mieux comprendre les difficultés rencontrées par les opérateurs et rechercher des solutions pour contenir la hausse du prix. Les importateurs ont, pour leur part, évoqué plusieurs facteurs susceptibles d’expliquer cette situation. Ils ont notamment cité les problèmes d’électricité, les difficultés d’approvisionnement en carburant et les obstacles à l’acheminement de certaines marchandises entre Pointe-Noire et Brazzaville. Des produits peuvent ainsi être disponibles à Pointe-Noire, sans parvenir suffisamment rapidement sur les marchés de la capitale. A ces difficultés s’ajoutent, selon les importateurs, la hausse du prix dans certains pays fournisseurs, les perturbations de l’approvisionnement au niveau international, l’augmentation du coût du fret maritime ainsi que la multiplicité des taxes. Ces différents facteurs peuvent contribuer à renchérir le coût des marchandises avant leur arrivée sur les marchés congolais. Face à cette situation, les opérateurs économiques ont sollicité l’accompagnement du gouvernement afin d’atténuer les augmentations de prix. La ministre du commerce les a, de son côté, invité à mieux exploiter les opportunités offertes par les accords commerciaux, conclus par le Congo, notamment avec les pays africains, afin de diversifier les sources d’approvisionnement et de réduire certains coûts, liés aux importations. Le gouvernement entend également renforcer les contrôles sur les marchés. Il s’agit, notamment, de lutter contre la spéculation et la rétention des stocks, des pratiques dénoncées par la ministre comme susceptibles de favoriser une concurrence déloyale et d’alimenter les tensions sur les prix. Pour les ménages, l’enjeu demeure de retrouver une plus grande stabilité des prix et un approvisionnement régulier des marchés. La lutte contre la vie chère apparaît ainsi comme un défi à la fois économique et social, qui nécessite l’implication des pouvoirs publics et des différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement.
Alors que des discussions entre le gouvernement et les importateurs se poursuivent, les consommateurs restent attentifs à l’évolution des prix sur les marchés. La mise en œuvre effective des mesures annoncées sera déterminante pour améliorer les conditions d’accès aux produits de première nécessité.
Patrimichel SAH
