Réflexions sur le règlement des dossiers brûlants africains

Récemment, lors de sa rencontre avec un dirigeant africain, le Président chinois Xi Jinping, a spécifiquement formulé 4 principes pour assurer une participation constructive des différentes parties au règlement des dossiers brûlants africains : respecter l’appropriation africaine, défendre l’équité et la justice, cesser les combats et promouvoir la paix et traiter à la fois les symptômes et les causes profondes.

La Chine accorde toujours une grande importance au règlement des dossiers brûlants. En 2022, le Président Xi Jinping a avancé l’Initiative pour la sécurité mondiale. Celle-ci préconise une approche de la sécurité commune, globale, coopérative et durable, et vise à mettre en place un cadre de coopération internationale en matière de sécurité. Elle privilégie le dialogue et la concertation pour régler les différends, plutôt que les jeux à somme nulle et les confrontations entre blocs. Et les 4 principes pour assurer une participation constructive des différentes parties au règlement des dossiers brûlants africains sont le fruit théorique de la combinaison des quatre initiatives mondiales avec les réalités africaines. Pour la partie chinoise:

Le règlement des dossiers brûlants en Afrique doit respecter le rôle central des pays et des peuples africains. Les causes des foyers de tension en Afrique sont complexes. Les Africains sont les vrais maîtres de l’Afrique. Il leur revient de jouer le rôle central dans les affaires régionales. Les autres pays doivent apporter un soutien constructif dans le respect du rôle moteur de l’Afrique, sans se substituer à elle ni s’ingérer indûment dans ses affaires.

Le règlement des dossiers brûlants en Afrique doit respecter les buts et principes de la Charte des Nations Unies, ainsi que la souveraineté et l’intégrité territoriale des pays concernés. Il importe de mettre en pratique un véritable multilatéralisme, de tenir compte des préoccupations légitimes de toutes les parties et de rechercher des solutions juste et raisonnable, susceptibles de recueillir un large consensus.

La guerre et les sanctions unilatérales ne sauraient apporter de véritable solution aux différends ; elles ne font qu’aggraver les souffrances des populations civiles. Il faut promouvoir le respect mutuel, engager d’amples consultations, rechercher un terrain d’entente par-delà les divergences et favoriser la compréhension et la concession mutuelles. Il convient également de tirer pleinement parti des plateformes et mécanismes portés par les pays du Sud global, tels que l’Organisation internationale pour la Médiation (OIMED) afin de promouvoir le règlement pacifique des différends.

Le développement est une voie incontournable pour consolider la stabilité et prévenir la résurgence des conflits. La Chine est prête à partager avec les pays africains les nouvelles opportunités offertes par son propre développement et à soutenir le développement de l’Afrique dans l’agriculture, l’industrie, la réduction de la pauvreté, le développement vert et les sciences et technologies, afin de jeter, par le développement, une base solide pour une paix durable.

En Chine, nous avons coutume de résumer l’expérience du développement du pays par la formule suivante : « Sous la ferme direction du Parti communiste chinois, la Chine a réalisé deux miracles : une stabilité sociale durable et un développement économique rapide ». Cette formule met en lumière une vérité simple mais profonde : la stabilité est une condition préalable au développement tandis que le développement permet d’ouvrir la voie à la stabilité et de la consolider dans la durée.

En 2024, lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), le Président Xi Jinping a annoncé les « Dix Actions de partenariat » afin de bâtir ensemble une communauté d’avenir partagé Chine-Afrique à toute épreuve dans la nouvelle ère et de contribuer, par le développement commun de la Chine et de l’Afrique, à la modernisation du Sud global. Six d’entre ces dix actions portent sur le développement, constituant ainsi une base solide pour la mise en œuvre de l’Action de partenariat pour la sécurité commune entre la Chine et l’Afrique. Aujourd’hui, certaines régions d’Afrique continuent d’être confrontées à des conflits et à des troubles persistants, tandis que le séparatisme, le terrorisme et le déficit de développement s’entrecroisent et aggravent les difficultés. Contribuer au règlement des dossiers brûlants et des foyers de tension en Afrique, en soutenant le continent africain dans ses efforts de réaliser le développement au profit des peuples, constituent depuis toujours l’un des axes majeurs de la coopération sino-africaine.

La République du Congo est souvent considérée comme un havre de paix en Afrique centrale. Le Président Denis-Sassou N’guesso, leader panafricaniste très respecté, joue un rôle de premier plan dans les efforts de médiation visant à résoudre les foyers de tension sur le continent, notamment en République centrafricaine, en Libye et dans l’est de la République démocratique du Congo. Il a apporté une contribution considérable à la promotion de l’unité et de l’autonomie de l’Afrique, ainsi qu’au renforcement de la solidarité entre les pays du Sud global. Le président Denis Sassou-Nguesso a récemment souligné que, face aux crises et aux différends régionaux, le Congo reste fidèle à sa vocation de pays de dialogue, de médiation et de recherche de solutions pacifiques. Le développement en est une solution. Sur le règlement des dossiers brûlants en Afrique, la Chine et le Congo partagent des visions convergentes et un large consensus. Lors de l’entretien entre S.E.M. Wang Yi et S.E.M. Constant Serges Bounda pendant sa visite en Chine, les deux chefs diplomatiques ont également estimé qu’il fallait renforcer la solidarité et la coopération pragmatique entre la Chine et le Congo afin de préserver conjointement la paix et la sécurité internationales et régionales.

La Chine est prête à poursuivre ses efforts avec le Congo pour mettre en œuvre les consensus dégagés par les deux chefs d’État, appliquer l’Initiative pour la sécurité mondiale ainsi que les 4 principes pour assurer une participation constructive des différentes parties au règlement des dossiers brûlants africains.  La Chine entend aussi, à travers des plateformes de coopération avec l’Afrique, notamment le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC), accompagner les pays africains dans leur marche vers le développement afin d’instaurer une paix durable sur le continent africain.

 

(L’article signé de S.E.Mme AN Qing, Ambassadeur plénipotentiaire et extraordinaire de la République populaire de Chine en République du Congo)

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