Un arrêté ministériel interdit le transport du pain hors des conditions d’hygiène requises. Mais le pain est malheureusement transporté et livré au travers des moyens inappropriés, aux conditions d’hygiène douteuses, au grand dam des consommateurs. Les dispositions de l’arrêté sus mentionné sont foulées au pied et l’on observe à travers les artères de Brazzaville et d’autres coins du pays, le transport de cette denrée alimentaire effectué dans des conditions non hygiéniques. Les mini bus réservés au transport de cette denrée prisée des Congolais ne rassurent pas les consommateurs quant à leur bonne tenue régulière. Les motos, ainsi que les brouettes mis à contribution dans la distribution et la vente à la criée du pain, ne rassurent personne quant à l’hygiène dont on voudrait y observer. Ce qui provoque l’ire de certains consommateurs.
Pourtant, le pain, le manioc et le riz constituent une principale base alimentaire des Congolais. Le pain, surtout lui, demeure l’aliment le plus consommé en milieux urbains en particulier. D’aucuns en ont même fait le principal et unique aliment de base de leur régime alimentaire. C’est pourquoi, voir un aliment comme celui-ci être transporté dans des conditions à couper le souffle comme celles que l’on connaît, l’on ne peut qu’interpeller ceux qui militent pour les intérêts des consommateurs. << Le secteur est à près de 95% entre les mains des expatriés. Et lorsque les défenseurs de droits de consommateurs arrivent sur le terrain et constatent une irrégularité, on leur tend des enveloppes . Pour leur fermer la bouche. Alors, à quels defenseurs de consommateurs faîtes-vous allusion ?>>, déplore Anne, vendeuse de pains au marché. A sa voisine Rosalie d’ajouter :<< Et ceux qui ont la charge du contrôle de la masse du pain mis à la disposition des consommateurs ! Que font-ils ? Regardez cette maigre baguette de pain, mise sur la balance, elle ne pesera même pas10 grammes(g) pourtant, on le vend 150 FCFA à la boulangerie, lorsqu’il est simple. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, il coûtait 40 FCFA seulement et 60 FCFA s’il est composé du beurre, du pâté ou de la pâte d’arachides. Regarde ce qu’il coûte aujourd’hui , 200 FCFA composé des mêmes éléments, sauf le pâté avec lequel il coûte 300 FCFA aujourd’hui ! Mais, quelle est sa masse ? >>, déplore la voisine de Anne.
<< Lorsqu’ils chargent les pains dans des caisses, des sacs ou encore dans des véhicules de livraison, en regardant ce spectacle, nous avons l’impression que ces pains sont destinés aux chiens et non aux humains que nous sommes>>, s’insurge Rodriguez, un consommateur qui dit avoir mis la croix sur le pain, pour cause de tout ce que l’on déplore comme manque d’hygiène dans ce secteur. << Mais, ça, c’est ce que nous voyons. On ignore cependant ce qui se passe le long de toute la chaîne de production jusqu’à la distribution. Comment la pâte de la farine est-elle petrie, avec quelle qualité d’eau le font-ils, voilà autant de choses qui nous échappent. On ne peut pas, certes, envoyer des gens dans des boulangeries pour veiller sur tout ça, mais, on doit tout temps attirer leur attention sur ces points, en vue de leur mettre à l’esprit que ce sont des humains qui consomment ces pains et qu’ils ont le devoir de veiller aux conditions d’hygiène dans ce qu’ils font. Car de la boulangerie aux boutiques pour être vendus aux citoyens Congolais, il se passe beaucoup de choses dont nous ignorons>>, indique Illa Belvina, l’une des consommateurs.
Patrimichel SAH




