« Je suis à prendre ou à laisser », une mise en scène sobre et sans encombres.
« Je suis à prendre ou à laisser », texte de Berekia Yergeau, mise en scène d’Abdon Fortuné Koumbha, a reçu un bel accueil le 16 et 17 juin dernier au Lavoir Moderne en France. C’est un monologue qui tombe à pic, car, celui-ci explore la pression subie par les artistes et particulièrement les femmes qui sont souvent obligées de se conformer à des normes, soit de s’imposer pour préserver leur identité.
« Je suis à prendre ou laisser, » texte de Berekia Yergeau, mise en scène par Abdon Fortuné Koumbha est l’histoire d’Angela, une jeune chanteuse qui rêve de devenir une grande star. Son manager lui demande de faire quelques compromis qui vont à l’encontre de son éducation et ses convictions : éclaircir sa peau, rendre ses cheveux plus lisse, réduire son poids. Un vrai harcèlement qui oblige la jeune fille de faire un choix.
Cèdera ou résistera-t-elle à la pression? Telle est l’intrigue de cette dramaturgie qui nous entraîne dans les coulisses de la vie de cette jeune fille qui, malgré les avantages qu’on lui propose, refuse de se laisser enchaîner entre les mailles de son manager, elle claque la porte et décide de voler de ses propres ailes.
« Je suis à prendre ou à laisser » explore des thèmes liés aux standards de beauté et aux exigences de l’industrie du spectacle, particulièrement celle de la musique. Quatre mots clés forment le socle de cette pièce: résister et s’imposer, harcellement et réussite. Un véritable conflit permanent dans l’univers de la musique où l’artiste fait parfois le choix de renier sa personnalité pour devenir célèbre, conflit entre l’authenticité artistique et la pression du succès commercial : maintenir son intégrité créative ou se conformer aux attentes du public et à l’industrie pour atteindre la célébrité.
Un monologue d’une heure où la comédienne avec son afro, vêtue d’une chemise, un gilet et un pantalon, arbhorre fièrement son afro. Elle chante, danse, et conte son histoire, et de temps à autre des images défilent au dessus de la scène, grâce à une projection. Ce qui est sûre, Rebecca Kompaoré Tind, dans le rôle de la chanteuse, semble prendre beaucoup de plaisir sur scène, s’éclatant dans sa performance, dans une ambiance festive et énergique, où le public est transporté par son enthousiasme et son interprétation.
En somme, sa prestation dynamique et mémorable montre bien combien ce sujet est fort d’actualité, car, elle touche à des questions universelles : l’importance de l’intégrité, et le prix du succès. Elle peut également servir de mise en garde contre les dangers de l’industrie du divertissement, qui peut parfois étouffer la créativité au nom du profit.
Note sur l’artiste.
Né à Pointe-Noire, en République du Congo, directeur de l’espace Tiné et du FestivalDol’EnScène, Abdon Fortuné Koumbha a mis en scène : « Rapsodie » de Gaël Octavia; « Guyane, mille Guyanes » de David Mérou ; « Au cœur de ce pays » de J.M Goetzee ; « Monsieur Ki » de Koffi Kwahulé…
Il est conteur, médaillé d’argent aux quatrièmes Jeux de la Francophonie, à Ottawa, au Canada en 2001. Cofondateur du festival Mantsina sur scène, à Brazzaville, il a été directeur artistique du festival RIAPL (Rencontres Itinérantes des Arts de la Parole et du Langage), à Brazzaville et Dolisie de 2005 à 2017. Expert artistique Afrique centrale de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), à la CITF (Commission Internationale du Théâtre Francophone) de 2012 à 2018, membre du jury des 9e Jeux de la Francophonie à Kinshasa, en juillet 2023.
Expert et membre du Comité Artistique International du MASA (Marché des Arts et Spectacles d’Abidjan) depuis 2023.
Annette Kouamba Matondo





