Le constat saute aux yeux, à Dolisie, il est très rare de traverser deux parcelles sans y trouver des sillons où poussent, à merveille et de façon naturelle, toutes sortes de légumes, destinés à la consommation et à la commercialisation. Le cas de la ciboule qui nourrit son planteur n’en est pas un. Et ce maraîchage, presque tout le monde s’y adhère, avec des outils, malheureusement, rudimentaires, faits à la main et sur place ( houes, râteaux, arrosoirs… ), à faible coût, à la portée de toutes les bourses. Outils qui témoignent encore, à Dolisie, de la présence des forgerons. Un constat, tellement il vous pousserait à adhérer à la vision du président de la République, Denis SASSOU NGUESSO; celle du retour à la terre pour lutter contre la pauvreté et la faim, car, dît-on, <<la terre ne ment pas>> ; une vision mis en exergue par le ministère de l’agriculture et de la pêche, avec l’implantation dans tous les départements du pays des zones agricoles spécialisées ( ZAP ), qui portent déjà des fruits.
A Dolisie, légumes et fruits abondent et on en trouve presque partout : grand marché, marchés secondaires , étalages de rues ravitaillés par les grossistes des villages environnants, appelés communément les <<Mû nzala ngoto >>; ces hommes et ces femmes qui se réveillent tôt, vendent leurs marchandises tôt, étalées sur les nappes à même le sol et quittent les lieux également tôt, pour, dit-on, s’échapper à la taxe journalière domaniale ( ticket).
Climat propice, végétation propice à un élevage domestique des cabris et moutons.
C’est ici que naissent les conflits avec des bêtes errantes qui broutent tout sur leur passage, saccageant des sillons entiers dans des parcelles non clôturées, causant du coup des pertes et désolation. Ces bêtes errantes qui résistent avec le temps, à la délibération du conseil municipal qui interdit ce type d’élevage dans la ville, surtout pour des accidents de circulation dont ces bêtes sont passibles de provoquer.
Et de conflits en conflits qui ne favorisent que mésententes dans les quartiers appelés au vivre ensemble. Les Maraîchers se sont résolus de clôturer leurs espaces avec tout ce qui leur passe entre les mains ( pagnes, moustiquaires usés , palmes et autres sacs) , ternissent, par endroits, la beauté de la ville.
Un fait qui sort de l’ordinaire, à côté de ces bêtes errantes, existent des troupeaux structurés, avec un ou deux bergers, selon la taille du troupeau , des bergers qui les gardent, les guident sur les verts pâturages, les sortent chaque matin et les ramènent chaque soir, pour éviter ces conflits qui vont, quelquefois, au delà des chefs de quartiers.
De l’interview réalisée avec l’un d’eux, il en ressort que certains d’entre eux sont engagés et payés chaque fin du mois par les propriétaires desdits troupeaux.
Un fait nouveau c’est que ces bergers sont des Congolais ayant appris sur le tas en commençant par nourrir les bêtes à la main, ce qui hier était l’apanage des Ouest-Africains Un métier hors paire qui nourrit son exécutant et qui devrait susciter l’engouement des d’autres jeunes <<errants>> de la capitale de l’or Vert.
Edgard MAZILA.




