La Fondation Horizon, dirigée par Katia Mounthault Tatu, a procédé, samedi 13 décembre dernier, au Mémorial Pierre Savorgnan de Brazzaville, à la projection en avant-première du film documentaire <<Jeune 242>>, réalisé par Dan Scott, sous le haut patronage du Premier ministre Anatole Collinet Makosso, en présence d’Irène Marie Cécile Mboukou Kimbatsa, ministre des Affaires sociale…représentant Marie-France Lydie Hélène Pongault, ministre de l’industrie culturelle, empêchée. Cette initiative, menée à travers une projection officielle d’une œuvre tournée à Pointe-Noire, Brazzaville, Dolisie, Paris, Dakar et Shanghai, met en lumière des jeunes Congolais engagés dans l’agriculture, l’artisanat, la gastronomie et l’entrepreneuriat, avec pour objectif de promouvoir l’initiative locale, de valoriser les talents nationaux et de dissuader l’exil périlleux vers un hypothétique eldorado, en démontrant qu’il est possible de réussir et de s’épanouir au Congo.
La projection de <<Jeune 242>> s’inscrit dans une dynamique de valorisation de la jeunesse congolaise, pensée non comme un fardeau social, mais comme un moteur stratégique du développement national. A travers une narration documentaire sensible et rigoureuse, le réalisateur Dan Scott donne à voir des trajectoires de jeunes femmes et hommes qui, malgré les contraintes économiques et sociales, choisissent de créer, d’innover et de persévérer sur leur propre territoire.
Le film, porté par la Fondation Horizon, s’attache à déconstruire un imaginaire dominant souvent associé à la jeunesse africaine : celui de la résignation ou de la fuite. Les protagonistes de <<Jeune 242>> incarnent au contraire une génération consciente de ses défis, mais résolument tournée vers l’action. Agriculteurs, menuisiers, chefs cuisiniers, entrepreneurs ou acteurs de l’économie informelle témoignent de la possibilité de réussir localement, par le travail, la créativité et l’engagement.
Pour Katia Mounthault Tatu, présidente de la Fondation Horizon et initiatrice du projet, le message est clair : <<Notre jeunesse n’est pas un problème à gérer, mais une force à accompagner >>. Cette conviction traverse l’ensemble du documentaire, qui se veut à la fois outil de sensibilisation, support pédagogique et instrument de plaidoyer en faveur de politiques publiques plus inclusives.

La soirée a également été marquée par un panel d’échanges réunissant Fanie Fayar, Paterne Maestro, Sonia Jaquet et Jenny Mouandzi. Les intervenants ont édifié les jeunes participants sur les réalités de l’entrepreneuriat au Congo, insistant sur la diversité des opportunités existantes et sur la nécessité de structurer les initiatives, de se former et de s’organiser collectivement. Les débats ont mis en évidence l’importance de l’accompagnement institutionnel, mais aussi le rôle déterminant des associations et de la société civile et de l’Etat dans l’encadrement des porteurs de projets.
Par son approche transnationale, le film rappelle que la mobilité peut être une richesse, à condition qu’elle s’inscrive dans une logique d’apprentissage et de retour, et non dans celle de la fuite définitive. En filigrane, <<Jeune 242>> interroge le dilemme << rester ou partir >> et propose une troisième voie : partir pour se former, revenir pour construire.
En donnant la parole à une jeunesse souvent commentée mais rarement écoutée, <<Jeune 242>> s’impose comme un manifeste audiovisuel pour un Congo de solutions. Plus qu’un documentaire, il constitue un appel collectif à investir dans le potentiel humain national et à croire, résolument, en la capacité des jeunes Congolais à bâtir leur avenir chez eux.
Joyce KIDILOU-KIA-MOUZITA




