Pierre Vividila Loufoundou, figure bien connue du secteur immobilier, a décidé de transmettre la gestion de son patrimoine à ses enfants, désormais regroupés sous l’appellation << Les Habitations Résidentielles à Loyer Modéré >>.
Cette nouvelle organisation marque une étape importante dans la modernisation de la gestion immobilière locale. En effet, le concept mis en place propose une offre diversifiée et adaptée aux besoins actuels : habitations d’urgence, ou logements de repos pour convalescence et besoins médicaux, locations de courte et longue durée (journalières, hebdomadaires, mensuelles), résidences entièrement équipées et meublées, appartements de différentes tailles (F1, F2, F3, F4), immeubles, résidences et guest houses.
Ces habitations, implantées dans plusieurs quartiers stratégiques de la ville océane, visent à offrir des solutions viables, flexibles et durables, qui répondent aux attentes des populations en matière de confort et de tarifs réduits. Une transition à la fois stratégique et intime, qui marque la continuité d’une histoire familiale dans un secteur en pleine mutation.
Homme de rigueur et de travail bien fait, Pierre Loufoudou Vividila a façonné ses hôtels à la sueur de son front, en leur donnant une identité forte à Pointe-Noire. Mais ces dernières années, les épreuves se sont multipliées : << Entre vols, mensonges et manque de loyauté, la gestion était devenue insupportable. Ma santé en a été affectée >>, confie-t-il, amer, mais soulagé de tourner une page, victime tout dernièrement d’un incendie au niveau de l’hôtel <<La Concorde>>. <<Ce n’est pas facile de laisser ce qu’on a construit toute une vie, mais c’est le choix du cœur et de la raison.>>, dit-il.
L’hôtellerie, un secteur en pleine transformation
La relève devra composer avec un marché plus compétitif que jamais. À Pointe-Noire, les hôtels, auberges, résidences et appartements meublés se multiplient. L’ancienneté et la notoriété ne suffisent plus : les voyageurs se fient désormais aux avis en ligne, aux réseaux sociaux et aux recommandations digitales. <<Les appartements meublés séduisent particulièrement les Congolais de la diaspora, de retour au pays pour les vacances, au détriment des hôtels classiques>>, explique le directeur.
Et dans ce contexte, la mission de la nouvelle génération sera de moderniser l’offre tout en préservant l’âme des établissements créés par le père. Une tâche exigeante, mais qui s’appuie sur un héritage solide. Pour Pierre Loufoudou Vividila, l’essentiel est ailleurs : <<Peu importe les difficultés du marché, ce que j’ai bâti doit continuer à vivre à travers mes enfants. >> souligne-t-il. Ainsi, au-delà des chiffres et de la concurrence, cette passation symbolise une histoire de transmission, de confiance et de résilience familiale, au cœur d’une hôtellerie congolaise en constante évolution.>>
De vendeur de brochettes au bâtisseur d’empire
De vendeur de brochettes au nettoyage de voitures, en passant par la milice populaire, Pierre Vividila Loufoudou est self made. Patience, persévérance et foi en Dieu, ce sont-là les armes qui lui ont permis de bâtir son empire. Directeur général de la Société congolaise d’investissement maritime pour le Congo (SCIM), puis Directeur de SA-VEH International (Complexe Hôtelier et d’industrie Agro- Pastorale) l’homme d’affaire revient sur son itinéraire. <<En Afrique, on ne peut pas être riche sans être diabolisé, ce qu’ils oublient, c’est que j’ai dormi dans des caniveaux, des maisons abandonnées, à la merci des moustiques >>, confie Pierre Vividila Loufoudou Bangoula, entrepreneur congolais à la trajectoire hors du commun.
Né en 1958 à Boko Songho, il perd sa mère très jeune et doit abandonner l’école. Livré à lui-même, il vend des brochettes dans les rues de Brazzaville, lave des voitures, et endure humiliations et privations. Pourtant, c’est dans ces épreuves que se forgent sa patience et sa persévérance ; des valeurs qui deviendront sa marque de fabrique. Un concours de circonstances change son destin : grâce à une rencontre avec un pilote français, il intègre le secteur maritime. Sérieux et rigoureux, il gravit rapidement les échelons, jusqu’à devenir directeur général de plusieurs sociétés, dont la Société congolaise d’investissement maritime (SCIM) et la SONAVI Fleuret. Après un parcours d’autodidacte, il décide de repartir à l’université et obtient une licence et un master en droit et persévère dans son parcours universitaire.
Loin de s’arrêter là, il diversifie ses activités : hôtellerie (Résidence Mpemba, Hôtel La Concorde, Ernesta), agroalimentaire, distribution, vêtements de luxe et conseil juridique. En parallèle, il s’engage dans l’humanitaire en créant une association d’aide aux déshérités et devient ambassadeur de la Fédération mondiale pour la Paix. Mais la réussite a un prix. Au sein de sa propre famille, il est accusé de sorcellerie et de magie noire. <<J’ai compris qu’ici, la réussite dérange. Mais au lieu de haïr, j’ai choisi de prôner l’amour >>, confie-t-il.
Son credo ? La patience et le pardon. <<Mon nom, Vividila, signifie patienter, supporter, persévérer. Chaque épreuve prépare une élévation. Pour réussir, il faut pardonner ; pour avoir, il faut donner>>. Aujourd’hui père de onze enfants, il invite sa descendance et la jeunesse congolaise à ne jamais céder au découragement : « J’ai arrêté l’école en cinquième, mais des années plus tard, j’ai repris mes études et obtenu une licence en droit. Rien n’est impossible quand on persévère »
Pierre Vividila Loufoudou Bangoula reste l’incarnation d’une leçon de vie simple : transformer la douleur en force, et la persévérance en victoire.
Annette Kouamba Matondo





