A Brazzaville, dans plusieurs artères de la capitale congolaise, des câbles noirs serpentent les poteaux électriques, s’entrelacent et pendent parfois dangereusement au-dessus de la tête des passants. Ce réseau anarchique et archaïque, disons même sauvage, n’est pas électrique, mais, plutôt, numérique. Les installations du Wi-Fi dans les ménages, de plus en plus nombreuses et souvent sauvages.
*Des installations hors de contrôle*
Ces câbles, posés par des opérateurs privés ou des techniciens informels, se multiplient sans autorisation claire. Le résultat : un désordre visuel et choquant, bref, un risque technique croissant, voire existentiel.
Selon une source de l’Agence de Régulation des Postes et Communications Électroniques (ARPCE), « plus de 60 % des installations Internet en zone urbaine ne sont pas déclarées officiellement ». Sans encadrement, ces réseaux menacent la sécurité publique, surtout dans des quartiers périphériques.
*Une situation répandue en Afrique*
Il est vrai que c’est l’Afrique. Car, Brazzaville n’est pas une exception. À Kinshasa, en République Démocratique du Congo (RDC), à Douala, au Cameroun ou à Abidjan, en Côte d’Ivoire, le développement accéléré du numérique a pris de court les autorités locales, qui peinent à suivre.
Un technicien local explique : *« Chacun tire ses câbles comme il veut. Il n’y a ni planification, ni sanctions». Comme quoi, la situation semble ne préoccuper personne, alors que le danger ne choisit ni le rang social, ni le quartier où l’on habite, ni moins encore la coloration politique ou ethnique de chacun vivant à Brazzaville.
*Des solutions concrètes*
Pour améliorer la situation, des mesures suivantes s’imposent :
– identifier toutes les installations existantes à Brazzaville,
– exiger des conduits techniques normalisés,
– sanctionner les raccordements illégaux,
– lancer une campagne de sensibilisation.
C’est vrai que l’internet pour tous est un progrès, mais, son installation au sein des ménages et entreprises doit être encadrée pour éviter que le progrès dont on a tant voulu ne vire au chaos urbain.
Anaëlle Divine Makezolele





