Sous l’égide de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco), le ministère de la Jeunesse et des Sports, de l’Éducation civique, de la Formation qualifiante et de l’emploi, représenté par son directeur de cabinet, Charles Makaya dit Mackail, et le ministère de l’Économie, du plan, de la Statistique et de l’Intégration régionale, représenté par son directeur de cabinet par intérim, Émile Éba, ont organisé jeudi 3 juillet dernier à Brazzaville un atelier de validation de la Politique nationale de la jeunesse (PNJ). L’objectif général de cet atelier était d’enrichir et de valider un document qualifié de « puissant levier de transformation pour l’épanouissement de la jeunesse », comme l’a souligné Charles Makaya dès l’ouverture des travaux.
Brice Olivier Kamwa Ndjatang, représentant résident adjoint de l’Unesco au Congo, a rappelé l’urgence de valider cette politique, évoquant les données du Recensement général de la population de 2023 mené par l’Institut national de la statistique : 76 % de la population congolaise a moins de 35 ans, dont 41 % sont âgés de moins de 15 ans. Une jeunesse prépondérante qui, selon lui, « impose d’importants défis dans tous les aspects du développement socio‑économique du pays ».
Émile Éba, pour sa part, a précisé que la PNJ s’appuiera sur des indicateurs clairs : taux d’emploi, alphabétisation, participation associative, ainsi que sur une cartographie fine des zones les plus vulnérables. Il s’est félicité de la rigueur des experts mobilisés : collecte et analyse des données, débats thématiques, relecture attentive des chapitres. Le document a été renforcé méthodologiquement par l’Unesco et ONU‑Jeunesse, assurant une cohérence avec les meilleures pratiques internationales.
Complémentaire au Plan national de développement (PND) 2022‑2026, la PNJ prévoit : 80 projets ciblés sur la jeunesse, couvrant l’éducation, l’emploi, l’entrepreneuriat et la santé reproductive ; 5 000 places supplémentaires en centres de formation professionnelle d’ici 2026 ; un Programme « solidarité‑jeunesse » visant à promouvoir l’embauche de 4 000 jeunes dans le secteur privé ; le recrutement de 6 700 agents publics et la création de 3 300 postes dans l’enseignement.
Ces initiatives visent à réduire le taux de chômage des jeunes, estimé à 40 %, pour le ramener à 28 % d’ici 2026, tout en portant le taux de scolarisation technique à 70 %.
L’Unesco rappelle que le marché de l’emploi est actuellement peu dynamique : un chômage élevé, en particulier chez les primo‑demandeurs, et des emplois souvent précaires ou faiblement rémunérés. Dans ce contexte, les initiatives d’auto‑entrepreneuriat doivent être intensifiées pour produire les résultats escomptés.
In fine, la PNJ se veut un outil stratégique complet, destiné à renforcer les programmes et projets en faveur des jeunes, et à offrir aux décideurs une vision holistique des défis liés à la jeunesse, que Brice Olivier Kamwa Ndjatang a qualifiée de « fer de lance de la Nation ».
Joyce KIDILOU-KIA-MOUZITA




