Dans le but de diversifier les sources d’énergie et de l’économie, Le Président de la République , Dénis SASSOU N’GUESSO, a procédé, le samedi 28 juin dernier, à l’inauguration de l’Agri-hub Arturo Bellezza de Loudima, dédiée à la production du bio carburant à base de l’éthanol, cultivé et adapté au sol congolais, dans la partie sud du pays, plus précisément à Loudima. Cette cérémonie a connu la participation des spécialistes en la matière et des acteurs politico-administratifs.
Par ce projet, Eni Congo, qui en est l’initiateur, en partenariat avec le gouvernement congolais, compte à développer le secteur agricole, en fournissant aux agriculteurs, des compétences, des équipements et des services, afin de favoriser la création d’une filière locale spécialisée dans la culture de l’éthanol et de bien d’autres plantes destinées à la transformation agro-industrielle locale. A cet effet, les procédés industriels mis en œuvre dans ce projet, dans l’extraction des huiles s’alignent sur les meilleures pratiques. « Les huiles produites, qui seront exportées en vue de la production finale du biocarburant sont conformes aux normes standards. Le modèle économique mis en œuvre et qui met à contribution la production des matières premières, offre un triple avantage : il permet de lutter contre la pauvreté et développer une culture en milieu rural, qui n’entre pas en compétition avec les cultures alimentaires. Il permet de structurer une filière agricole locale tout en intégrant la chaîne mondiale en biocarburant. Il permet, à terme, de produire localement des biocarburants afin de combler en tout ou partie le gaffe structurel en carburant et de réduire de manière subséquente les importations de Diésel », a indiqué Antoine Thomas Nicéphore Filla Saint-Eudes, Ministre du développement industriel et de la promotion du secteur.
A ce propos, les cultures de l’éthanol couvrent déjà actuellement sur le sol de cette localité, une superficie de 15000 hectares, et Eni Congo estime passer à 40.000 hectares, avec des augmentations prévues dans les années à venir. De ce fait, la production agricole est acheminée vers l’agri-hub d’Eni à Loudima, ce qui permet de produire 30.000 tonnes d’huile végétale par an, destinée à etre transformée en biocarburant dans les bioraffineries italiennes d’Enilive, la filiale d’Eni dédiée à la mobilité durable. Cette usine est, d’ailleurs, capable de valoriser les sous-produits industriels, qui sont convertis en aliments de bétail ou en engrais pour le marché local.
Dans son intervention, le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la peche, Paul Valentin Ngobo a estimé que l’inauguration de cette unité agro-industrielle de biocarburant n’est pas la simple cérémonie de coupure d’un ruban, mais elle consacre une rupture stratégique, donne corps à une philosophie de gouvernement. « Cette vision c’est celle d’un Congo qui subit plus, mais qui choisit. Un Congo qui ne se contente plus de la honte, mais qui bâtit sa prospérité sur le travail, l’intelligence productive et la valorisation de ses propres ressources. Aujourd’hui nous faisons plus évoquer notre potentiel agricole, nous le matérialisons, nous le transformons en une puissance économique au service de notre Nation. Nous ne parlons plus de potentiel, mais nous parlons de puissance. Ce projet, ce n’est pas seulement les 80.000 hectares attendus dès 2026. Au cœur de ce nouveau paradigme, il y a l’agriculteur congolais que nous élevons, par ce modèle, au rang d’entrepreneur », a-t-il expliqué.
Dans cette perspective, Eni Congo, dans sa stratégie, prévoit d’augmenter sa capacité de production actuelle d’environ 1,1 million de tonnes à plus de 3 millions de tonnes d’ici 2026. A cet effet, pour mener à bien ce projet, l’entreprise Italienne collabore avec les agriculteurs pour produire de l’huile végétale à partir des cultures oléagineuses sur des terres dégradées ou en valorisant des déchets et résidus agricoles, industriels et forestiers. « L’engagement de Eni, en Afrique, en générale, et au Congo en particulier, s’écrit depuis des années dans un cadre stratégique très large qui repose sur des approches innovantes et de leviers technologiques qui sont concrètement des moteurs de la transformation énergétique de l’entreprise. Cette usine est aujourd’hui un exemple concret de notre engagement dans le processus de carbonisation de succès de notre modèle. Un modèle qui combine le développement des ressources énergétiques avec la croissance géoéconomique des territoires dans lesquels nous opérons. Entant que Groupe Eni, nous nous concentrons sur l’innovation technologique, de l’application des meilleures techniques disponibles qui, nous permettent de réduire notre impact environnemental en terme d’efficacité énergétique », a souligné Guido Brusco, Manager et Directeur des ressources naturelles d’Eni.
A titre, du point de vue social, cette initiative a un impact positif sur les agriculteurs, qui cultivent leurs terres et perçoivent ainsi des revenus supplémentaires. De ce fait, Eni assure donc aux agriculteurs le partage des compétences, la fourniture des outils et services nécessaires à la culture, ainsi que l’accès au marché pour les productions destinées à l’extraction de l’huile végétale, en garantissant leur collecte et leur transport vers les agri-hubs.
A signaler que, l’huile végétale produite est certifiée dans le cadre du système ISSC-EU, ce qui permet de reconnaitre que la production a été faite sans la modification de l’utilisation des terres, d’assurer la traçabilité et le respect de l’environnement et des droits de l’Homme. Ainsi, la fin de cette cérémonie inaugurale a été marquée par la coupure symbolique du ruban, mettant en marche le lancement des activités par le Président de la République Dénis SASSOU NGUESSO. Pour mémoire, ENI est une multinationale pétrolière italienne qui intervient dans plusieurs pays africains. Retenons aussi que la cérémonie sus relatée est intervenue au lendemain d’une autre inauguration à Kayes, toujours par le Chef de l’État, Denis SASSOU N’GUESSO, d’une distillerie. Elle produira de l’éthanol à 96°, destiné aux secteurs pharmaceutique, cosmétique et énergétique.
Issa BILAL-ECKY






