Durant deux journées intenses, les 17 et 18 juin, Brazzaville a servi de cadre à la réunion stratégique du Comité d’orientation d’AFRITAC Centre, présidée par Ludovic Ngatsé, ministre de l’Économie, du plan et de l’intégration régionale, représentant Christian Yoka, ministre des Finances et président officiel du comité. Cette rencontre a réuni les délégations des pays membres : Burundi, Cameroun, République du Congo, Centrafrique, RDC, Tchad, autour d’un objectif : évaluer les avancées d’AFRITAC Centre et renforcer sa contribution à l’intégration régionale, la diversification économique, et la compétitivité des économies d’Afrique centrale.
Ouvrant les travaux de ces assises, Ludovic Ngatsé s’est réjoui de l’approche intégrée par le centre qui « favoriser la création des synergies entre différents domaines d’expertise des pays membres, pour plus d’impact et d’efficacité. ». Il s’agit, selon lui, de témoigner de l’intérêt au « renforcement des capacités des cadres des services financiers des Etats membres, pour une gestion efficace, transparente et durable des finances publiques.».
Le Comité d’orientation constitue l’organe supérieur de pilotage d’AFRITAC Centre, l’un des cinq centres régionaux d’assistance technique du FMI en Afrique. Sa mission est d’orienter les priorités, approuver le programme de travail, et s’assurer de l’harmonisation du centre avec les besoins macroéconomiques des États membres.
Sous l’égide de Ludovic Ngatsé, la réunion a ouvert la voie à des échanges approfondis sur les avancées techniques et institutionnelles réalisées depuis la rencontre précédente. Au fil de l’activité, les participants, répartis en panels ont passé en revue trois thèmes : la budgétisation en mode programme, la digitalisation dans la mobilisation des recettes et la supervision des établissements financiers basées sur les risques. Aussi, ont-ils mis en exergue l’impact des bailleurs de fonds et la manière dont les gouvernements pourraient booster l’efficacité de la relation avec eux, à l’image de la RDC.
Il a, en outre, été rappelé les résultats obtenus dans plusieurs domaines : renforcement de la gestion des finances publiques, via des ateliers sur la budgétisation, la comptabilité et la gestion de la dette ; amélioration des cadres statistiques macroéconomiques, avec un appui à la production de données robustes pour l’élaboration des politiques publiques ; renforcement des capacités en administration fiscale et douanière, pour accroître les recettes internes et l’efficacité des administrations ; formation ciblée pour la gestion de la dette, consolidant la transparence et la soutenabilité budgétaire.
Dans son allocution, Philippe Egoumé, directeur de l’AFRITAC Centre, a rappelé que malgré un contexte favorable de croissance, l’Afrique centrale est confrontée à des défis majeurs, entre autres : l’intégration économique régionale demeure incomplète ; la diversification des économies reste un objectif non encore atteint, en raison notamment d’un excès de dépendance aux matières première ; la compétitivité à l’échelle mondiale demeure insuffisante, freinée par des infrastructures inadéquates et un cadre institutionnel perfectible. « L’Afrique centrale, malgré une croissance économique certaine, fait face à des défis persistants, notamment en matière d’intégration économique, la diversification des économies et de compétitivité. », a-t-il affirmé.
Ce constat a conduit à la définition de nouvelles priorités pour AFRITAC Centre : concevoir des programmes à forte dimension régionale favorisant les synergies entre pays, consolider les structures industrielles naissantes, et promouvoir un environnement propice aux investissements nationaux et transfrontaliers. A l’issue de deux jours d’activités, le comité a estimé que les pays membres d’AFRITAC Centre sont appelés à : approfondir l’assistance régionale, avec des projets conjoints impliquant plusieurs pays, comme le renforcement des corridors douaniers, la mutualisation des bases de données fiscales, ou la promotion de zones économiques intégrées. Il est aussi souhaitable de prioriser la diversification économique, en accompagnant les pays dans la transition vers des secteurs non traditionnels (agro‑industrialisation, économie verte, numérique) ; soutenir la compétitivité, par des formations aux normes internationales, à la gestion des investissements publics, et à la gouvernance économique moderne ; renforcer la durabilité par l’entremise de l’intégration de l’approche genre, changement climatique et digitalisation dans toutes les formations, thèmes récemment intégrés dans la stratégie du FMI pour les pays fragiles et émergents.
Le comité a également souligné l’importance de doter AFRITAC Centre d’expertise renforcée. L’inscription de postes spécialisés, en modélisation macroéconomique, gestion de dette, administration fiscale, témoigne déjà de cette mutation. Mieux articuler les rôles entre les experts centraux et les administrations nationales (ministères, banques centrales, organismes fiscaux) figurera également en tête des priorités.
La réunion de Brazzaville les 17 et 18 juin a souligné l’engagement renouvelé des pays d’Afrique centrale dans la mise en œuvre de politiques macro‑économiques solides et intégrées. Sous la présidence de Ludovic Ngatsé, ce Comité d’orientation a jeté les bases d’une nouvelle phase d’AFRITAC Centre, plus tournée vers la coopération régionale, la diversification, et la compétitivité. Philippe Egoumé en a fait la clé de voûte de la prochaine feuille de route.
Avec une exécution effective de ces résolutions, la région pourrait non seulement renforcer ses institutions, mais aussi impulser une transformation socio‑économique durable, par l’intermédiaire des économies plus diversifiées, inclusives et résilientes.
Joyce KIDILOU-KIA-MOUZITA





