Sous la présidence de Ludovic Ngatsé, ministre de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale, également Gouverneur pour le pays de la Banque mondiale, il s’est tenue, lundi 16 juin dernier à Brazzaville, la cérémonie de lancement officiel du Projet de création des activités économiques inclusives et résilientes au changement climatique (PROCLIMAT). La session, modérée par Séraphin Ngoma, responsable communication du projet, a vu la participation active de cadres de la Banque mondiale.
Entré en vigueur le 13 octobre 2023, PROCLIMAT mobilise environ 82 millions de dollars, combinant un prêt de 70 millions USD de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), et un don de 12 millions USD via le fonds PROGREEN, un mécénat mondial en faveur de paysages durables et résilients. Ce financement traduit l’engagement fort du partenariat Congo/BIRD/PROGREEN, visant à améliorer la résilience climatique des populations vulnérables, avec un accent sur le renforcement des opportunités économiques durables en milieu rural.
Bien avant sa cérémonie inaugurale, PROCLIMAT avait déjà lancé plusieurs initiatives phares rattachées, entre autres, à sa composante 5, déployées depuis plusieurs mois. Lors de la cérémonie, le président du projet Ferdinand Sosthène Likouka, a détaillé les avancées : distribution de kits scolaires aux élèves des départements de Likouala, Congo‑Oubangui et Cuvette, soutenant ainsi la scolarisation et l’inclusion éducative en zones rurales. A cela s’ajoutent : le renforcement du programme élargi de vaccination des enfants de moins de cinq ans, la disponibilité des médicaments essentiels grâce au partenariat avec la CAMEPS, les campagnes de vaccination ciblées, les actions de lutte contre la malnutrition chez les enfants et les femmes dans le département du Pool, combinant distribution alimentaire et soins de prise en charge nutritionnelle, l’organisation d’ateliers de concertation avec les parties prenantes locales (communautés, institutions publiques et ONG, afin d’assurer un déploiement participatif et ancré dans le terroir, le lancement des « diagnostics paysagers », étape crucial pour une planification territoriale intégrée, tenant compte des risques climatiques et des potentialités économiques locales.
Ces activités témoignent de la mise en œuvre conjointe des dimensions sociales, sanitaires et territoriales du projet, bien avant son lancement officiel. Objectifs stratégiques et approche intégrée du projet PROCLIMAT : renforcer la résilience des populations vulnérables face aux effets croissants du changement climatique (inondations, érosion des sols, insécurité alimentaire, etc.) ; stimuler le développement économique durable, notamment dans les zones rurales, en promouvant des activités inclusives telles que l’agroécologie, la transformation locale, l’artisanat et les services climato-intelligents propices à une croissance économique verte.
Ce projet insiste sur l’importance de l’équilibre entre développement économique, justice sociale et durabilité environnementale. À travers l’appui financier de la BIRD et de PROGREEN, PROCLIMAT ambitionne aussi de créer un effet multiplicateur, en incitant les acteurs publics et privés à investir dans des chaînes de valeur résilientes et respectueuses de l’environnement.
Le représentant de la Banque mondiale, a salué ce projet comme une référence régionale, en soulignant la cohérence de son modèle associant finance verte, participation communautaire et renforcement des capacités locales. Et pour Ludovic Ngatsé, « Le ProClimat n’est pas un projet de plus, il est l’expression concrète de notre engagement national en faveur de la résilience climatique et de la justice sociale et de la transformation structurelle de notre économie ».
Le lancement officiel du projet PROCLIMAT, représente un jalon significatif pour la République du Congo, illustrant un engagement national en matière de lutte contre le changement climatique tout en promouvant un développement économique inclusif. Grâce à l’appui de la BIRD et du fonds PROGREEN, et sous la houlette des autorités congolaises, ce projet promet de semer les graines d’une économie plus équitable, plus verte et mieux armée pour affronter les défis du 21ᵉ siècle. Le véritable test sera désormais sur le terrain, où les bonnes pratiques initiées devront se transformer en impacts durables pour les communautés rurales congolaises.
Joyce KIDILOU-KIA-MOUZITA





