Les Comités de gestion des établissements scolaires publics (COGES), une matérialisation du décret n°2024 -2947 du 30 décembre 2024 qui les présente comme des organes de concertation, de planification, de suivi et d’évaluation de la gestion des établissements scolaires publics. Comment les installer ? C’est la question qui est au centre d’un atelier dit de réflexion de trois jours ouvert le 12 juin 2025 à Kintélé par Jean Luc Mouthou, ministre de l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et l’alphabétisation. La mise en œuvre de ce projet est soutenue par le PAGIR dont le coordonnateur, Thomas Bandia était présent.
La composition des COGES est transversale, autant que les participants à cette réflexion, au nombre desquels figurent les préfets, les présidents des conseils départementaux et municipaux, les experts en éducation, les directeurs départementaux du trésor public, les directeurs départementaux de l’enseignement, entre autres. A travers ce programme, le gouvernement entend renforcer la transparence, l’efficacité et la redevabilité dans la gestion des ressources publiques.
La réunion de Kintélé a été de fait présentée par le ministre comme le cadre même de définition des modalités aux plans juridique, technique, organisationnelle de l’installation de ces COGES : clarifier le rôle de chaque ministère dans le processus d’installation des COGES ; proposer les projets de texte règlementaires nécessaires ; valider les termes de référence élaborés en amont par les commissions techniques ; adopter une feuille de route claire, réaliste et partagée pour une mise en œuvre progressive mais rigoureuse sur l’ensemble du territoire national.

La photo de famille des participants
Les autorités locales sont des acteurs importants dans le processus de mise en place des COGES. Stella Sassou Nguesso, Maire de la commune de Kintélé qui accueille la rencontre, a salué le fait d’associer les collectivités locales dans cette dynamique : « Cet atelier est en réalité une ouverture que créé le gouvernement en synergie avec ses partenaires multiformes, afin de faire participer nos concitoyens à la gestion de nos écoles. Une telle initiative ne peut que satisfaire les dirigeants des collectivités locales que nous sommes, car elle vient renforcer la politique de transfert de compétences dans le secteur de l’éducation de base dans notre pays ».
Ce transfert de compétences a par ailleurs été évoqué par Jacques Essissongo, Préfet Inspecteur général de l’administration du territoire qui représentait le ministre de l’intérieur et de la décentralisation : « La décentralisation est au cœur de la politique du gouvernement. L’ambition du gouvernement est plus forte que le temps. Aussi, dans un monde plein de paroles, poser des actes est pour lui, un impératif. C’est du reste ce que le gouvernement a tenté de faire avec les ministères en charge des enseignements, des finances, ainsi que de la santé, pour atteindre un des objectifs assignés, j’ai cité le transfert effectif des compétences de l’Etat aux collectivités locales dans les domaines de l’enseignement et de la santé ».
Le Préfet Inspecteur général de l’administration du territoire s’est appuyé sur des lois 16 et 17 -2019 du 21 mai 2019, fixant respectivement la répartition des compétences entre l’Etat et les collectivités locales dans les domaines des enseignements et de santé de base. Des catalyseurs, dit-il, de la dynamique actuelle de basculement progressif vers une gestion décentralisée des services transférés des deux secteurs, mais aussi des « lois qui promeuvent la démocratie participative, en donnant la possibilité aux populations de faire le suivi de la gestion des affaires scolaires et sanitaires ».

Le ministre Jean Luc Mouthou au centre , présidant les travaux
L’inspirant modèle du COSA du ministère de la santé
Le ministre de l’enseignement préscolaire, primaire, secondaire et de l’alphabétisation, Jean Luc Mouthou, dans son discours d’ouverture a fait référence aux Comités de Santé (Cosa), les comités de gestion, une expérience similaire qui fait du chemin au ministère de la santé dans la gouvernance participative des centres de santé : « Cet atelier constitue également une opportunité précieuse pour capitaliser sur les expériences réussies déjà mises en œuvre dans d’autres secteurs. A cet égard, l’exemple du ministère de la santé et de la population, avec les Comités de santé est particulièrement inspirant. Ces structures communautaires, mises en place pour renforcer la gouvernance locale dans les centres de santé, ont démontré leur efficacité en matière de gestion participative, de responsabilité des acteurs locaux et de transparence dans l’utilisation des ressources. Leur fonctionnement, leurs mécanismes de coordination avec les autorités locales, ainsi que les défis qu’ils ont su surmonter, fourniront des enseignements utiles pour la conception et l’opérationnalisation des comités de gestion des établissement scolaires ».
Notons que le PAGIR, Programme « Accélérer la Gouvernance Institutionnelle et les Réformes pour un fonctionnement durable des services » est un partenaire essentiel du gouvernement dans la mise en place des COGES .





