La Coupe du Congo 2026 est terminée. Plusieurs semaines qu’a duré cette compétition, les amoureux du ballon rond ont enfin retrouvé ces moments qui leur ont manqué pendant plus de deux ans durant, ainsi que les stades, les clubs et cette ferveur qui caractérise traditionnellement le football congolais. En effet, après deux années d’interruptions, la tenue de cette compétition, cette année, a constitué un moment important pour la reprise des activités sportives nationales. La Fecofoot elle-même en a salué une édition <<achevée en apothéose>>, marquée par un réel engouement populaire. Mais après la fête, une question demeure: que va devenir le football congolais après cette édition <<inaugurale>> de la coupe du Congo ?
Une Coupe nationale, aussi réussi soit-elle, ne peut constituer à elle seule, le socle durable d’un football prometteur auquel s’attendent les Congolais. La véritable relance passe naturellement et désormais par l’organisation régulière des compétitions, au premier rang desquelles figure le championnat national de Ligue 1.
Le football congolais a besoin de continuité
Les joueurs ont besoin de compétitions, les entraîneurs, le temps pour construire leurs équipes, et les clubs, d’un calendrier régulier pour préparer leurs saisons. II devient difficile de maintenir le niveau des joueurs et de développer une véritable compétitivité.
L’autre urgence concerne la place du Congo sur la scène Africaine.
L’absence d’une compétition nationale régulière a eu des conséquences directes sur les clubs. Pour la saison 2026-2027, l’AC Léopards et l’AS Otohô d’Oyo n’ont finalement pas été retenues par la Confédération Africaine de Football pour participer aux compétitions Inter Clubs continentales. Cette situation constitue un sérieux avertissement : sans un championnat crédible, permettant de designer régulièrement les représentants nationaux aux compétitions continentales, le football congolais risque de perdre davantage de terrain sur le continent.
La Coupe du Congo doit donc être considérée comme un point de départ et non comme une finalité.
La relance doit également concerner la formation. Le Congo dispose de nombreux jeunes talents, plus ceux-ci ont besoin d’un environnement compétitif pour s’exprimer et progresser, mieux le football congolais va retrouver ses moments d’antan et rayonner sur l’échiquier continental.
Les académies , les centres de formation et les compétitions de jeunes doivent retrouver une place centrale dans la politique de développement du football national..
Les Diables Rouges constituent également une autre priorité. Une sélection nationale compétitive ne peut durablement exister sans un championnat actif et des clubs capables de former et d’alimenter les équipes nationales. La reconstruction du football des clubs et celle des sélections nationales sont donc étroitement liées.
Au lendemain de la Coupe du Congo, la Fecofoot, les clubs et les autorités sportives ont ainsi une responsabilité majeure : transformer l’élan populaire suscité par cette compétition en une dynamique durable.
Le public a répondu présent. Les joueurs ont retrouvé les terrains. Les clubs ont repris la compétition. Il faut maintenant aller plus loin.
Le véritable défi du football congolais doit commencer aujourd’hui : organiser durablement les championnats, stabiliser le calendrier sportif, accompagner les clubs, former les jeunes et permettre au Congo de retrouver progressivement sa place dans le football africain.
La Coupe du Congo a rallumé la flamme. Il appartient désormais aux dirigeants de faire en sorte qu’elle ne s’éteigne plus.
Patrimichel SAH