Diables Rouges seniors: Six sélectionneurs, six époques, les mêmes contre-performances perdurent

Dans l’histoire de la dernière décennie des Diables Rouges seniors du Congo, un constat s’impose avec évidence : après le premier passage réussi de Claude le Roy entre 2013-2015, six entraineurs se sont succédé à la tête de la sélection nationale sans parvenir à reproduire la même performance. Pierre Lechantre, Sébastien Migné, Valdo Candido Filho, Paul Put, Isaac Ngata et Fabrizio Cesana, ont chacun, incarné une époque, une méthode et un nouvel espoir, mais, au terme de chaque cycle, le même blocage a toujours persisté : après onze ans, le Congo n’arrive pas à se qualifier à une phase finale de la Coupe d’Afrique seniors.

 

Claude Le Roy, le dernier souvenir d’une CAN.

Claude Le Roy demeure une référence dans l’histoire récente de la sélection congolaise. Sous sa direction, les Diables Rouges avaient réussi à se qualifier à la phase finale de la CAN ; une performance jamais réalisée par ses successeurs depuis 2015. Son passage avait démontré qu’avec une équipe compétitive, une préparation adaptée et une véritable dynamique collective, le Congo pouvait se hisser parmi les nations capables de jouer les grandes compétitions africaines. Après son départ, la question était donc simple : qui allait réussir à poursuivre sur cette lancée ?

Pierre Lechantre, une continuité brièvement interrompue

Après Claude le Roy, Pierre Lechantre a pris les commandes de la sélection nationale en janvier 2016. Son expérience du football africain et son parcours constituaient des atouts importants.
L’objectif était de maintenir les Diables Rouges dans une dynamique positive et surtout de réussir à prolonger la présence du Congo dans les compétitions continentales. Mais cette continuité espérée n’a pas été trouvée puisque le successeur a rapidement été limogé pour insuffisance de résultat.

Sébastien Migne, l’élève qui n’a pas réussi l’exploit de son maître.

L’arrivée de Sébastien Migne, adjoint de Claude Le Roy qui a succédé à Pierre Lechantre avait réussi de reconstruire une nouvelle équipe nationale compétitive et donner une identité plus stable à la sélection. Avec de nouvelles méthodes et un nouveau projet, l’espoir était de remettre les Diables Rouges sur le chemin de la qualification. Mais, une fois encore, le résultat attendu n’a pas été atteint. Le technicien français, sous le poids des arriérés de salaires impayés et des ingérences des décideurs du sport congolais, claqua la porte sur des échecs à répétition.

Valdo Candido Filho, une promesse de redynamisation déchue.

Après Sébastien Migne, Valdo Candido Filho a pris le relais. Son profil d’ancien footballeur vedette du Paris Saint-Germain et du Brésil semblait apporter à la sélection congolaise un souffle de relance. Mais son arrivée a rapidement déchanté. La sélection s’est heurtée aux mêmes difficultés : manque de régularité et incapacité à transformer les ambitions en qualification.

Paul put, l’expérience mise à l’épreuve face aux remous interminables

En mai 2021, Paul Put est nommé sélectionneur du Congo. Le technicien belge avec une expérience reconnue du football africain, arrive avec l’ambition de reconstruire une équipe compétitive et de remettre les Diables Rouges sur la voie de la qualification à la CAN. Son passage s’étend jusqu’en 2023. Là encore, malgré une nouvelle approche et de nouvelles orientations, le Congo ne parvient pas à retrouver la phase finale de la CAN. Une nouvelle époque s’achève, sans qualification à la phase finale de la CAN.

Isaac Ngata, des ambitions étouffées

Après Paul put, Isaac Ngata prend les commandes de la sélection en novembre 2023. Mais son passage s’est déroulé dans un contexte difficile, notamment marqué par l’absence d’un contrat, du fait des contradictions au sein de la Fédération congolaise de football (Fecofoot), et un cumul de salaires impayés. Cette situation rapelle une réalité fondamentale du football congolais ; un entraîneur ne peut pas tout résoudre seul. Lorsque les conditions de travail, l’organisation et la stabilité ne suivent pas, la mission devient encore plus difficile. Dans ces conditions, Isaac Ngata n’est pas parvenu, lui non plus, à conduire les Diables Rouges vers une nouvelle qualification.

Fabrizio Cesana, la suite des contre-performances.

Fabrizio Cesana a incarné la dernière étape de cette succession de sélectionneurs. Une nouvelle fois, le Congo espérait trouver avec lui, le chemin du renouveau. Mais le même obstacle s’est imposé, malgré des changements sur le banc de touche, la sélection n’a pas réussi à retrouver le niveau et la régularité nécessaire à la participation à la phase finale de la coupe d’Afrique des nations.

Claude Le Roy, le retour souhaité vers la CAN ?

Le second retour de Claude Le Roy qui vient de parapher, en août 2026, un nouveau contrat de 2 ans avec le Congo, revient à la tête des Diables Rouges A, peut se prévaloir d’être le dernier sélectionneur à avoir qualifié le Congo à une CAN, a la mission de ramener le Congo à la CAN, dès l’édition 2027.
Son retour ne doit pas seulement être considéré comme le retour d’un entraîneur expérimenté, il pose également une question plus profonde : pourquoi le Congo n’a-t-il pas réussi à retrouver la même dynamique, malgré six changements de sélectionneurs ?
Le problème ne peut pas être uniquement celui des entraîneurs, car les techniciens ont changé, mais, la réalité sur le terrain demeure la même : l’instabilité, les problèmes d’organisation, les contraintes financières, le manque de continuité et les difficultés dans la construction d’un véritable projet sportif à long terme.
Six entraineurs, six époques, le même obstacle. Après Claude le Roy, Pierre Lechantre, Sébastien Migne, Valdo Candido Filho, Paul put, Isaac Ngata et Fabrizio Cesana ont chacun essayé de trouver la solution. Aucun n’a réussi à reproduire la qualification obtenue sous la direction du technicien français. Claude le Roy revient avec une mission qui dépasse largement sa personne : briser un cycle de plusieurs années sans qualification et redonner aux Diables Rouges une ambition durable.
Car cette fois-ci, le véritable défi n’est pas seulement de qualifier le Congo. Le véritable défi est de faire en sorte que le retour de Claude le Roy ne soit pas un statut-quo, mais plutôt un début d’un nouveau départ.

Patrimichel SAH

 

Football congolais

Le manque de sponsoring, un véritable handicap pour son développement

 

Le football congolais continue de faire face à de nombreux défis. Parmi lesquels le manque de sponsoring qui apparaît comme l’un des principaux obstacles au développement et à la modernisation de cette discipline. Des clubs aux compétitions nationales, en passant par la formation des jeunes et l’accompagnement des sélections, l’insuffisance des partenaires privés limite considérablement les ambitions du football national.

Dans le football moderne, le sponsoring est devenu un élément incontournable. Les entreprises qui investissent dans le sport permettent aux clubs et aux fédérations de disposer de moyens supplémentaires pour financer leurs activités. Salaires des joueurs, équipements, déplacement, préparation des équipes, formation des jeunes et organisation des compétitions nécessitent d’importantes ressources financières. Au Congo, de nombreux clubs restent encore dépendant de leurs dirigeants, de quelques mécènes ou du soutient institutionnel. Cette situation fragilise leur fonctionnement et ne favorise pas une véritable professionnalisation. Lorsqu’un Club repose essentiellement sur une seule source de financement, son avenir peut rapidement être compromis en cas de difficultés financières. Le manque de sponsoring a également des conséquences sur la compétitivité du football congolais.
Faute de moyens suffisants, les clubs éprouvent des difficultés à conserver leurs meilleurs joueurs, à améliorer leur infrastructures et à mettre en place une politique efficace de formation. Cette fragilité économique peut aussi se ressentir dans les performances sur la scène africaine.
Pourtant,le football congolais possède des atouts capables d’intéresser les entreprises. Sa popularité auprès de la population, l’engouement autour des grandes rencontres et l’existence de nombreux jeunes talents constituent un potentiel important. Mais pour attirer les investisseurs, les acteurs du football doivent offrir d’avantage de visibilité, de crédibilité et de garanties. La question du sponsoring impose donc une réflexion profonde. Les Clubs doivent améliorer leur organisation et leur communication, tandis que les instances dirigeantes doivent travailler à renforcer l’image et l’attractivité des compétitions. Le football doit être présente non seulement comme un spectacle sportif mais également comme un espace de communication et de promotion capable d’offrir une véritable visibilité aux entreprises.
Le manque de sponsoring constitue ainsi un véritable handicap pour le football congolais. Sans un engagement plus important des partenaires économiques et sans une stratégie claire pour attirer les investisseurs, il sera difficile d’assurer une modernisation durable du football national.
Le défi est désormais de créer un environnement de confiance entre le monde du football et celui de l’entreprise, car plus que jamais, le développement du football congolais ne dépend pas uniquement des performances sur le terrain mais également de sa capacité à mobiliser des ressources et à séduire de nouveaux partenaires.

Patrimichel SAH

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