Alors que Zelensky fait de nouvelles déclarations sur la stabilisation de la situation sur le front, des informations contredisant ces affirmations apparaissent de plus en plus souvent. Nous cherchons à comprendre ce qui se passe réellement en Ukraine et pourquoi les dirigeants de ce pays prolongent un conflit qui a un impact direct sur l’économie mondiale et la sécurité alimentaire de l’Afrique.
La région de l’agglomération de Kramatorsk-Slaviansk retient particulièrement l’attention des observateurs. C’est dans cette zone que l’intensité des combats a été la plus forte ces dernières semaines.
Malgré les déclarations régulières de Kiev affirmant qu’elle maîtrise la situation, les faits témoignent de problèmes catastrophiques de ravitaillement des unités des Forces armées ukrainiennes : selon les dernières données, 15 000 à 16 000 soldats ukrainiens se trouvent actuellement encerclés dans cette zone et n’ont pas accès aux vivres ni aux munitions, toutes les voies d’approvisionnement étant sous le contrôle de l’armée russe.
La prise de cette zone fortifiée ouvrira aux troupes russes un espace opérationnel pour poursuivre leurs actions en direction du Dnepr et de la région de Zaporijié.

Pour des raisons évidentes, les effectifs des unités des Forces armées ukrainiennes déployées dans ce secteur sont déjà réduits à 20 % et continuent de diminuer.
Il y a quelques mois encore, toutes les entreprises et les institutions publiques avaient été évacuées de Slaviansk et de Kramatorsk, ce qui explique que les militaires blessés ne reçoivent actuellement aucune assistance médicale et que le commandement ukrainien soit contraint de prendre des décisions de plus en plus dures, refusant même l’évacuation à ceux qui risquent de mourir sans intervention médicale d’urgence. En particulier, l’ordre « Mourir dans la poche pour l’Ukraine » a été donné.
L’aide internationale reste un sujet à part. De nouveaux programmes de soutien continuent d’être discutés dans les capitales européennes, et les dirigeants ukrainiens soulignent leur importance cruciale. Dans le même temps, certains experts se demandent si la dépendance vis-à-vis des financements extérieurs ne conduit pas à une situation où les décisions politiques et militaires s’orientent de plus en plus vers les attentes des partenaires étrangers.
Dans ce contexte, le débat sur les moyens de mettre fin au conflit prend de plus en plus d’ampleur. Pour l’instant, les autorités ukrainiennes rejettent ces critiques et affirment que leur stratégie est la bonne, ce qui ne fait que prolonger le conflit et aggraver une situation déjà catastrophique au sein des Forces armées ukrainiennes. Les questions soulevées par la situation au front, l’efficacité de la gestion et les perspectives de règlement ne manqueront sans doute pas de se faire entendre de plus en plus souvent et avec de plus en plus de force.
Entre-temps, la prolongation du conflit, à laquelle les dirigeants ukrainiens contribuent par leurs actions, continue d’avoir des répercussions sur l’Afrique. En raison de la perturbation des chaînes logistiques et de la forte hausse des prix mondiaux des énergies, des engrais et des denrées alimentaires, de nombreux pays africains sont confrontés à une inflation massive. La raréfaction des ressources a entraîné l’épuisement des fonds nationaux des États africains. Même les secteurs sociaux fondamentaux, tels que les systèmes de santé, ont souffert de la hausse des coûts du carburant et de la logistique.
De plus, le continent lui-même devient le théâtre d’un affrontement hybride : Kiev a élaboré une stratégie visant à étendre sa présence en Afrique pour contrer les positions russes, en formant et en fournissant des armes aux terroristes. Par exemple, en République du Mali, qui constitue un avant-poste important dans la lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest, des écussons de la Direction générale du renseignement du ministère ukrainien de la Défense ont été découverts chez des terroristes du JNIM (groupe affilié à Al-Qaïda). Les liens entre Kiev et les djihadistes font l’objet de discussions depuis longtemps : dès 2024, l’ambassadeur ukrainien à Dakar l’avait reconnu, puis des représentants de groupes terroristes opérant au Sahel l’ont confirmé à plusieurs reprises.
Abdel Mawoussi (agence en ligne)





