ASSEMBLEES ANNUELLES DE LA BAD : L’Afrique Compte s’Investir Pour Son Développement 

« Mobiliser des ressources à grande échelle pour financer développement de l’Afrique dans un monde fragmenté », tel est le thème sur lequel la Banque africaine de développement a procédé au lancement, le mardi 26 mai 2026, au centre de conférence international de kintélé, à Brazzaville, de son assemblée annuelle. Cette rencontre a connu la participation des chefs d’États, des experts et des scripteurs de la presse de tous les pays. Elle a pour but de financer le développement du continent, dans un contexte géopolitique et économique mondial en pleine mutation, marqué par un déficit de financement croissant.

A ce propos, Le financement du développement de l’Afrique requiert désormais des approches plus ambitieuses, inscrites dans une dynamique durable et cohérente. À cet effet, les besoins sont immenses et concernent les infrastructures, l’énergie, l’agriculture, l’industrie, le numérique, la santé, l’éducation professionnelle, la formation, la protection de l’environnement, la création d’emplois.« Pour mobiliser davantage l’épargne africaine et les capitaux internationaux au service de projets structurants, il nous faut approfondir nos marchés financiers, renforcer nos institutions régionales, développer les instruments de garantie, de partage des risques et de financement mixte », a expliqué Denis SASSOU-N’GUESSO, Président de la République du Congo. « L’enjeu n’est donc pas seulement de trouver plus de ressources. Il s’agit aussi de mieux les orienter, de mieux les utiliser et de les consacrer à des investissements capables de transformer durablement les conditions de vie de nos populations », a-t-il insisté.

Dans cette perspective, Denis SASSOU-N’GUESSO estime que, depuis la création de la Banque africaine de développement, elle accompagne les pays africains dans leurs efforts de développement. Elle soutient les projets d’infrastructures, l’accès à l’énergie, la sécurité alimentaire, l’intégration régionale, l’industrialisation, le développement du secteur privé, la gouvernance économique et l’amélioration des conditions de vie des populations. « La Banque doit demeurer fidèle à sa vocation première : être la Banque de l’Afrique, au service de l’Afrique, portée par la confiance de ses États membres et ouverte aux partenariats utiles au développement du continent », a-t-il défendu.

Par conséquent, la crise sanitaire du coronavirus a réveillé l’esprit nationaliste, redéfini les relations commerciales et, en s’ajoutant aux tensions géopolitiques durables, aux divers chocs mondiaux et à la divergence des réactions politiques des grandes puissances concurrentes, elle a accru la fragmentation de l’économie et de la géopolitique. Par conséquent, ces mouvements planétaires ont, à ce titre, créé de nouvelles opportunités pour la diplomatie économique et les traités commerciaux entre nations. Effectivement, la révélation par les États-Unis de l’instauration de tarifs douaniers à partir du 2 avril 2025, accompagnée des discussions bilatérales subséquentes avec diverses nations, a renforcé le mouvement de délocalisation des opérations commerciales. Cela contribue à intensifier la fragmentation et les difficultés structurelles inhérentes au commerce international et aux chaînes d’approvisionnement. « Ces tensions croissantes, ces alliances mouvantes et l’émergence de nouveaux centre de pouvoir redessinent les règles de l’engagement international », a indiqué Sidi Ould Tah, président du Groupe de la Banque africaine du développement.

A ce titre, pour Sidi Ould Tah, ces problèmes, tout en réduisant le montant total des financements de développement et des échanges commerciaux, établissent également des structures de développement concurrentielles et souvent conflictuelles. De ce fait, les acteurs mondiaux sont divisés sur les priorités et les méthodes de développement à adopter. Il pense que l’Afrique se trouve à un tournant marqué par l’augmentation du déficit financier dans un environnement géopolitique et économique en constante évolution, le changement des priorités des partenaires au développement et la réduction des ressources financières habituelles pour le développement. « Ces assemblées offrent un cadre privilégié d’examen et de dialogue sur les grandes priorités et permet de dégager les orientations nécessaires pour renforcer l’impact de l’action de la Banque au service de notre continent. Loin d’être une formalité, un simple rendez-vous statutaire, ces assemblées constituent un laboratoire d’idées et un levier d’action. Elles donnent l’occasion de confronter les analyses, de partager les expériences, de renforcer des partenariats et de rechercher les réponses communes aux grands enjeux de financement du développement de l’Afrique », a déclaré Ludovic Ngatsé, ministre de l’économie, du Plan, de la Statistique et de la prospective et gouverneur de la Banque en République du Congo.

De ce fait, l’Afrique aspire à des partenariats équilibrés, à des financements adaptés et à une meilleure reconnaissance de son rôle dans l’économie mondiale. Ainsi, la République du Congo est engagée dans une réflexion stratégique de long terme à travers la Vision Congo 2063. Cette initiative traduit la volonté des autorités congolaises d’axer le développement du Congo sur la diversification de l’économie, la modernisation des infrastructures, la promotion du secteur privé et sur la valorisation du capital humain.

A signaler que, au cours de cette cérémonie d’ouverture des assemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement, les cinq hauts cadres de la Banque ont été décoré dans l’ordre de mérite congolais par le Président de la République du Congo, Denis SASSOU-N’GUESSO.

 

Issa BILAL-ECKY

 

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