La célébration de la Journée de l’Afrique a pris cette année, une résonance particulière à Kintélé, où se tiennent les Assemblées annuelles 2026 de la Banque africaine de développement.
À l’occasion de cette double commémoration, le 63e anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine et l’ouverture des travaux de la Banque africaine de développement, le président de la BAD a lancé un appel fort à l’unité, à la solidarité et à l’affirmation de la souveraineté économique du continent.
Dans une atmosphère solennelle, marquée par la présence du président de la République du Congo Dénis Sassou NGUESSO et celui du Gabon Brice Clotaire OLIGUI NGUIEMA, de responsables d’institutions internationales et de partenaires au développement, les allocutions du président de la BAD, Sidi Ould Tah, et du Président de la République du Congo, Denis Sassou Nguesso, ont donné le ton d’une journée placée sous le sceau du panafricanisme et de l’action.
Sidi Ould Tah : « Transformer l’ambition africaine en puissance économique »
Pour sa première grande intervention à la tête de la BAD, Sidi Ould Tah a inscrit son discours dans la continuité de l’idéal des pères fondateurs de l’Afrique indépendante, rappelant que le 25 mai 1963 demeure « le symbole du moment où l’Afrique a décidé de prendre son destin en main ». Le président de la BAD a souligné que le combat pour l’émancipation du continent ne saurait se limiter à l’indépendance politique, mais doit désormais se traduire par une autonomie économique renforcée, portée par des institutions africaines solides.
« L’Afrique ne doit plus être définie par ses fragilités, mais par ses capacités, ses ressources et son ambition collective », a-t-il déclaré, appelant à un sursaut continental autour de trois priorités : l’intégration régionale, le financement massif du développement et la confiance dans les solutions africaines.
Revenant sur le thème de l’année consacré à l’accès durable à l’eau et à l’assainissement, il a rappelé que cette question touche directement « la dignité humaine, la santé publique, la sécurité alimentaire et la stabilité des sociétés africaines ».
Denis Sassou Nguesso : un plaidoyer pour la mémoire, l’unité et l’avenir
Hôte de l’événement, le président congolais Denis Sassou Nguesso a livré un discours à forte dimension historique, rendant hommage aux figures emblématiques des luttes de libération du continent : Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Amílcar Cabral ou encore Nelson Mandela. « La Journée de l’Afrique est le couronnement des sacrifices consentis par les pères des indépendances pour la liberté et la dignité de nos peuples », a-t-il affirmé.
Dans une réflexion mêlant histoire, géopolitique et vision prospective, le chef de l’État congolais a insisté sur la place stratégique du continent dans le monde de demain. « L’Afrique sera la clé pour ouvrir la porte du futur de l’humanité », a-t-il déclaré, évoquant le potentiel démographique, énergétique et environnemental du continent, qu’il considère comme un levier décisif face aux défis mondiaux.
Une annonce majeure pour l’intégration africaine
Point culminant de son allocution, le Président de la République Denis Sassou Nguesso a annoncé une mesure forte en faveur de la libre circulation sur le continent : à partir du 1er janvier 2027, les ressortissants africains pourront entrer en République du Congo sans visa, sous réserve de formalités administratives et sécuritaires minimales. Cette décision, saluée par plusieurs délégations, s’inscrit dans la dynamique de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et de l’approfondissement de l’intégration africaine.
Congo-Brazzaville, vitrine du renouveau africain
En accueillant ces Assemblées annuelles de la BAD, Brazzaville confirme son rôle de plateforme diplomatique et économique continentale. Pendant plusieurs jours, experts, décideurs et partenaires débattront du financement des infrastructures, de l’accès à l’énergie, de la transition climatique et des voies d’un développement africain inclusif.
Au-delà des discours, cette Journée de l’Afrique 2026 aura surtout rappelé une conviction partagée : le développement du continent passera par sa capacité à unir ses forces, valoriser ses ressources et parler d’une seule voix sur la scène mondiale.
Mwana EBORO




