Donner la vie devrait être un moment de protection, d’écoute et de bienveillance. Pourtant, pour certaines femmes au Congo, l’accouchement peut se transformer en une expérience douloureuse, bien au-delà de la souffrance physique.
Dans certaines maternités, des femmes témoignent avoir été confrontées à des paroles humiliantes, à des cris ou à une absence totale de compassion de la part du personnel soignant. Au lieu d’être soutenues dans un moment de grande vulnérabilité, elles racontent avoir été rabaissées ou culpabilisées pendant le travail.
<<Tu n’avais pas crié quand tu concevais >>, <<Arrête de faire du cinéma >>, ou encore << Si ton enfant meurt, ce sera de ta faute >>. Ces phrases, rapportées par plusieurs mères, laissent des traces profondes. Prononcées, alors que la femme lutte contre la douleur et l’angoisse de l’accouchement, elles deviennent des blessures invisibles qui marquent durablement.
Ces situations relèvent de ce que l’on appelle les violences obstétricales. Elles peuvent être verbales, psychologiques, voire physiques. Pourtant, ces expériences restent souvent tues. Beaucoup de femmes préfèrent garder le silence, par peur d’être mal traitées lors d’une prochaine grossesse, par crainte de représailles ou simplement parce qu’elles pensent que dénoncer ne changera rien.
Ce silence est aussi alimenté par une forme de banalisation. Certaines pratiques abusives sont encore perçues comme normales dans les salles d’accouchement, alors qu’elles portent atteinte à la dignité des femmes.
Les conséquences peuvent être lourdes : peur de retomber enceinte, dépression post-partum, anxiété ou perte de confiance envers les structures de santé. Pour certaines mères, l’expérience de la maternité reste associée à un traumatisme plutôt qu’à un souvenir heureux.
Parler des violences obstétricales est donc essentiel. Mettre des mots sur ces réalités permet non seulement de reconnaître la souffrance de celles qui les ont subies, mais aussi d’ouvrir le débat sur la qualité de l’accueil et du respect des patientes dans les maternités.
Car, donner la vie ne devrait jamais rimer avec humiliation. Chaque femme mérite d’être accompagnée avec dignité, respect et humanité, au moment de mettre son enfant au monde.
Annette Kouamba Matondo




