Les fêtes de nouvel an à Brazzaville, celle de Noël et de la bonne année associées, ont toujours été des moments où les parents font face à d’énormes dépenses : jouets et vêtements neufs pour les enfants, variation des mets en quantité et qualité, de la boisson, des provisions, des jouets et vêtements neufs pour les parents vivant à l’intérieur du pays, bref autant de dépenses qui causent du tort au mois de janvier, considéré comme le mois de la galère à Brazzaville et dans bien d’autres centres urbains du pays. Qu’en a-t-il été pour janvier 2026 qui tend vers la fin ?
Toutes les années ne se ressemblent pas, certes, mais qu’aurait-on pu s’attendre de janvier 2026, dans cette période où le pays traverse une crise financière sans précédent ? Dans les marchés, les vendeuses somnolent devant leurs étalages tandis que dans des écoles privées, les travailleurs ont été payés tardivement, alors que d’autres ne le sont pas encore. Les parents, dans leur plus grand nombre, ne sont pas passés verser les frais d’écolage de leurs enfants. Conséquences des répercussions des dépenses folles engagées pour les festivités de nouvel an. << La vente n’est pas bonne. Les gens n’ont pas d’argent. On savait qu’il en serait ainsi en janvier. L’expérience nous l’a appris. Si on est là, c’est parce que c’est l’activité qu’on a choisie dans la vie, donc on n’y peut rien>>, confie Mâ José, comme elle se surnomme ici au marché de Massengo où elle vend des poissons fumés. << Nombreux sont ceux qui vident encore les réserves faites pendant les fêtes. On les aperçoit vers la rangée des maniocs , ils ne viennent que pour les maniocs, puisque les congélateurs sont encore chargés. Ils contiennent encore les restes du 1er janvier. On les attend en février et mars>>, renchérit la voisine de Mâ José. Les vendeuses des aliments et des vêtements payent un lourd tribut. La mévente est tellement considérable que l’on aperçoit de nombreux étalages boycottés par leurs occupants. << Non, ils n’ont pas été boycottés, ces étalages. Leurs occupants observent une pause. Demain si vous revenez ici, vous n’allez pas me retrouver. Je serai dans un autre marché où j’ai un autre étalage de poissons fumés. Voulez-vous que nous ne sommes qu’à deux sur cette longue rangée de poissons fumés. C’est une stratégie que nous avons bâtie pour que le peu de clients qui arrivent nous permettent de ne pas rentrer chez-vous bredouilles. Qu’on se partage les quelques recettes qu’ils vont nous rapporter. C’est devenu comme ça dans la plupart des marchés. Ce n’est qu’une question de bonne entente entre les vendeurs>>, explique Mâ José. On a beau accuser le mois de janvier, pourtant l’on n’a pas observer, dans d’autres quartiers une ambiance aussi folle où les gens boivent jusqu’à s’enivrer à fond, comme dans les années précédentes où certains passaient la nuit à la belle étoile. . A Brazzaville, le quartier où cette ambiance a prévalu, c’est l’Esplanade de Télé Congo, à Nkombo. Sinon, ailleurs, l’ambiance est restée quelque peu modérée, voir morose à cause des coupures intempestives d’électricité. Comme ça a été le cas au quartier domaine où l’enclavement ne facilite pas les déplacements nocturnes. Mais, c’est difficile de deviner ce qui s’est passé dans chaque foyer, mais cela dépend des familles aussi. La mévente pendant le mois de janvier s’observe aussi dans les boutiques de vêtements. Dans celles d’aliments de consommation courante comme les boulangeries, c’est un autre univers. Ici , les affaires vont bien. C’est , néanmoins, la leçon que le mois de janvier a toujours enseigné aux citadins congolais. Mais, combien d’entre eux l’assimilent ! Rendez-vous est pris pour janvier 2027 !!!
Fistelle Dimi Mouandzibi.
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