Situé au cœur de Poto-Poto, au numéro 2 de la rue Paul Kamba, l’hospice Paul Kamba redonne espoir et réconfort aux personnes âgées démunies. Dans cet établissement, solidarité, foi et compassion se conjuguent chaque jour pour offrir une fin de vie digne à ceux dont la société a parfois relégués dans l’oubli.
<< Notre centre a une capacité d’accueil de 26 personnes. Actuellement, nous hébergeons neuf pensionnaires permanents et accompagnons 76 pensionnaires externes. Ces derniers viennent deux fois par mois se ravitailler ici, grâce aux dons que nous recevons des particuliers et organismes de bonne volonté>>, explique Jean-Marie Baboungou Poaty, responsable de l’hospice Paul Kamba.
Des dons précieux, souligne-t-il, car ils permettent à l’établissement de poursuivre sa mission : venir en aide aux personnes âgées démunies et redonner du réconfort à celles qui n’ont plus rien.
<< Nous accueillons des aînés, réellement vulnérables, rejetés ou livrés à eux-mêmes, dans la rue. Certains ont été accusés de sorcellerie, d’autres abandonnés, faute d’enfants pour s’occuper d’eux », confie-t-il, précisant que la plupart des pensionnaires ont des parcours marqués par la douleur, la honte et la solitude.
Après une enquête sociale menée dans les règles, et lorsque le retour en famille s’avère impossible, une procédure d’accueil est engagée.
<< La famille signe un document transférant la responsabilité à l’hospice, y compris pour les funérailles >>, informe le responsable. Avant toute intégration, le futur pensionnaire passe un examen médical. << En cas de maladie contagieuse, il est isolé jusqu’à sa guérison >>, ajoute-t-il.
Beaucoup arrivent à l’hospice profondément meurtris par la vie, après des mois passés dans la rue ou des années de maltraitance. L’hospice Paul Kamba leur offre alors un nouveau souffle.
<<Une fois entourés de bienveillance, logés et nourris, ils reprennent goût à la vie. Le simple fait de manger à leur faim et d’être traités avec respect les transforme >>, confie un bénévole qui, pour instaurer la bonne humeur, use d’humour et de taquineries afin d’arracher des éclats de rire aux pensionnaires.
L’établissement fonctionne grâce à un personnel dévoué composé de 15 membres : un président, un responsable de l’hospice, un chauffeur et son aide, deux magasiniers, un médecin et huit bénévoles répartis en deux groupes.
<< Les bénévoles accomplissent un travail remarquable : ils s’occupent de la toilette des pensionnaires, des repas et de l’entretien des chambres >>, explique Yvette Ekala, bénévole depuis plus de quinze ans. Gaie et attentionnée, elle connaît chaque pensionnaire sur le bout des doigts.
<< Les personnes âgées sont parfois comme des enfants, capricieuses. Il faut savoir les comprendre. Au lieu de les gronder, on leur parle avec douceur. Quand certaines refusent de se laver, on est parfois obligés de recourir à de petits stratagèmes. On leur dit par exemple que la Première dame va nous rendre visite, et je peux vous assurer que ça fonctionne à tous les coups >>, raconte en souriant maman Yvette, souvent émue de voir ces aînés rayonner à l’arrivée d’un invité.
Chaque samedi, l’équipe est renforcée par un mouvement d’apostolat qui apporte son soutien à travers la célébration de la messe, le partage des repas et la distribution de dons. Ces gestes solidaires permettent d’alléger certaines charges, notamment l’achat de chaises, d’uniformes ou d’équipements de base.
Malgré cette chaîne de solidarité, les besoins restent importants. Le carburant du groupe électrogène constitue une dépense majeure.
<< L’électricité est vitale, surtout pour alimenter la chambre froide où nous conservons les aliments >>, précise le responsable.
Le centre ne dispose d’aucun budget fixe. << Nous vivons uniquement de dons, qu’ils soient en vivres, en matériels ou en numéraire >>, souligne-t-il. La rémunération des bénévoles demeure également un défi. << Ils perçoivent une modeste indemnité, bien en deçà de la valeur de leur engagement >>, reconnaît le directeur. La plupart sont des fidèles de la paroisse Sainte-Anne, animés par la foi et la compassion.
Pour autant, ces difficultés n’entament pas leur détermination.
<< Prendre soin d’une personne âgée demande patience, foi et amour. Tout le monde n’est pas appelé à le faire >>, confie maman Yvette, convaincue que toute personne du troisième âge a droit à la dignité, et non à l’abandon.
Conscient des efforts fournis par ses partenaires, le responsable de l’hospice a tenu à exprimer sa gratitude envers le président du centre, un homme généreux qui a contribué à la modernisation des lieux, ainsi qu’envers Madame Antoinette Sassou N’Guesso pour son soutien constant.

Grâce à ces appuis, chaque pensionnaire bénéficie aujourd’hui d’une prise en charge sanitaire et funéraire. L’hospice salue également la Fondation SNPC et le ministère des Affaires sociales pour leur fidélité et leur engagement en faveur des aînés.
Annette Kouamba Matondo





