Un concept simple: trois acteurs, une intrigue, le tout raconté en Kituba. En effet, le trio Mont Kamba, Ba Mbuntu et Sizo, a conquis le coeur des Congolais grâce à leurs vidéos courtes et amusantes sur Tik tok. Devenus les belvédères de leur ville, Pointe Noire, ils sont de plus en plus sollicités dans de grandes manifestations culturelles, car, leurs vidéos, loin d’être simplement un moyen de distraction, permettent aussi de se détendre et de se décompresser.
Trois personnages clés forment ce trio. Mont Kamba, qu’on reconnaît tout de suite par sa marque de fabrique : un mélange de Louis de Funès, par sa mimique et de Bourvil, par son air nonchalant. Vêtu de son pull bleu et d’un pantalon blanc cassé, il est le meneur et n’a pas de pareil pour entraîner le public dans ses rocambolesques aventures. Avec sa gouaille et son air malicieux, il fait le pitre, avec des anecdotes ponctuées des souvenirs d’enfance , des tranches de vie, bref, de la vie en général.
Le second personnage « Ba mbuntu », sourd muet, se retrouve dans des situations farfelus où il est très souvent emmené à témoigner et n’a que pour réplique « Ba mbuntu », à chaque fois qu’il intervient. Et enfin Sizo, handicapé physique, qui marche les pieds croisés, est à la croisée des chemins, entre le fayotage et le conciliateur.
Leurs ingrédients, les souvenirs d’enfance où l’insouciance est de mise, ils prennent aussi plaisir à éclabousser les maux qui minent la société congolaise, la boisson, la délinquance, la prostitution; tout cela, savamment concocté pour rendre leurs récits amusants. En utilisant des éléments de légèreté, les comédiens osent aborder des sujets difficiles, parfois de manière provocatrice.
Leur ironie fine et leurs observations visent à unir les cœurs, à trouver des ponts, dans un monde de plus en plus divisé. Et le choix de la langue du Kituba, langue locale congolaise, marque aussi cette effort de permettre à tous les Congolais de tout âge, analphabètes ou pas, de comprendre la portée de leur message. Ainsi, derrière ces recits drôles, c’est aussi une invitation aux Congolais de prendre la vie du bon côté, dans la mesure où chaque recit est une invitation à lâcher prise face à un environnement parfois cruel et déroutant.
Bref, ces vidéos sont de véritables baumes qui réchauffent nos âmes d’enfant, car elles nous divertissent, de la même manière que les séries, à travers des mises en scène reflétant la société congolaise: les jeux de société qui tendent à disparaitre, des blagues qui ont longtemps jalonné notre enfance, mais surtout nos réalités qu’ils transposent en dérision pour ne pas tomber dans la fatalité. Enfin, après le visionnage de ces vidéos, on en ressort, inévitablement, avec le cœur un peu plus léger.
Annette Kouamba Matondo





