Par manque d’infrastructures en bon état, les paysans de Mfouati et Boko Songho peinent à écouler leurs marchandises.Une difficulté qui conduit parfois à des pertes importantes, à la stagnation de la production et à un manque à gagner pour les commerçants qui sont parfois obligés de baisser les prix de leurs marchandises, surtout lors de la saison de pluies.
« La route de Boko Songho- Madingou se dégrade à nouveau, malgré sa réhabilitation l’année dernière », témoigne Eric Maboula, paysan et commerçant de haricots. Même son de cloche pour Pierre Kiessila, producteur de haricots et de riz, dans le district de Boko Songho. « Le déplacement de nos marchandises vers d’autres villes, est un véritable casse- tête. l’État de la route rend la conduite difficile et dangereuse, nécessitant des arrêts fréquents. Entre nids de poule et fissures, le conducteur est obligé de ralentir , de s’arrêter et manœuvrer avec prudence pour éviter tout danger ou accident. Conséquence, un trajet qu’on devait faire en deux heures peut prendre trois à quatre heures, surtout pendant la saison de pluies », explique Pierre Kiessila qui ne prend plus de risques d’acheminer des produits tels que la tomates ou encore le maïs frais.
Les travaux de la route Madingou-Boko Songo et du carrefour Nkengué- Mfouati, officiellement lancés l’année dernière, qui devrait faciliter l’accès vers le Centre d’insertion d’Aubeville et soulager la population qui éprouvait de sérieuses difficultés à acheminer les produits de leurs récoltes vers d’autres localités du pays, a, malheureusement, eu un effet de paille comme le souligne Jean Souela, élève commerçant. « Une réhabilitation qui n’a pas fait long feu, puisque la population est retombée dans les mêmes difficultés au point où même certains véhicules ne veulent plus arriver à Boko Songho surtout avec la pénurie de carburant. Résultat les prix de transports galopent au jour le jour » a indiqué ce dernier qui déchante déjà en pensant à la période de la saison de pluie prochaine.
Pas de route, marchandises bloquées!
« Or si nos produits sont bloqués, nous ne pouvons pas vendre et par conséquent nos produits périssent et sont malheureusement vendus à vil prix », note Nkengué Véronique qui évoque aussi la surenchère des transporteurs qui profitent de cette situation pour augmenter les billets. « De 1500Fcfa on est passé à 2000F et parfois même 2500F en ce qui concerne le passager . Quant aux colis ils varient selon le poids. Un sac de foufou par exemple coûte 2500F, je vous laise imaginer si vous deviez en acheminer une cinquantaine » , a fait savoir cette dernière, dont le vœux est de voir ce tronçon de nouveau réhabilité avant la période de grandes pluies
En effet, la Bouenza est une région vaste, et les distances entre les zones de production et les centres de commercialisation sont parfois considérables. Ce qui explique qu’une importante part de produits agricoles soit, soit perdue après les récoltes , soit détériorée, par manque de débouchés. En outre, le manque d’infrastructures peut également nuire à la qualité et à l’hygiène des produits puisque. « Les produits sont parfois exposés aux intempéries lors de l’acheminment entre Boko Songho et les autres centres de commercialisation » a révélé Solo Anne, avant de poursuivre,
« Enfin, la réhabilitation de cette route améliorera considérablement l’accessibilité du tronçon Madingou-Boko Songo, réduira le temps de déplacement et contribuera au développement durable de l’économie locale », a indiqué Fanas Nsiensie journaliste à la télévision congolaise. L’acheminement des produits de Mfouati et Boko Songho vers d’autres centres de commercialisation reste un véritable frein pour les commerçants et les conséquences sont négatives sur les revenus des agriculteurs, sur la sécurité alimentaire de la région et sur le développement économique local. « L’amélioration des infrastructures est donc essentielle pour permettre aux agriculteurs de la Bouenza et de ces villages, de valoriser leurs productions et d’améliorer leurs conditions de vie », a fait savoir ce dernier.
Kouamba Matondo Annette




