Le projet d’Accélération de la Transformation Numérique (PATN), en plus de la Banque mondiale, va compter sur l’appui financier de deux autres partenaires techniques et financiers. Une cérémonie organisée dans un grand hôtel de Brazzaville le 17 juin 2025 a été consacrée justement au lancement du volet BEI-UE de ce projet. 17 milliards de FCFA à mobiliser par la BEI et 10 milliards par l’Union européenne . Les autorités congolaises représentées à cette cérémonie par Léon Juste Ibombo, ministre de Postes, des télécommunications et del’économie numérique, misent sur la transformation numérique comme levier de modernisation de l’État et d’inclusion économique et sociale. Ces deux nouveaux partenaires viennent donc à point nommé.
La Banque Européenne d’investissement a été représenté a cette cérémonie par madame Svetla Stoeva, Cheffe d’unité Relations pays et secteur public Afrique occidentale et centrale. Le PATN , pas simplement un projet technologique, dit-elle , mais un projet de société structurant , conçu pour améliorer durablement la gouvernance publique, renforcer les compétences des citoyens congolais, protéger les données personnelles, et ouvrir de nouvelles perspectives à la jeunesse et aux femmes, dans un monde de plus en plus numérique. Une vision qui justifie la mobilisation d’importantes ressources par l’institution financières.
« La Banque européenne d’investissement est fière de contribuer à ce projet avec un financement de 17 milliards de francs CFA, aux côtés de l’Union européenne, qui apporte un don complémentaire de 10 milliards, dans le cadre de notre action conjointe. Ensemble, nous contribuons à un programme plus large, structurant pour le pays, d’un montant global de près de 90 milliards de francs CFA, y compris l’appui de la Banque mondiale. Ce projet est pleinement aligné avec la stratégie Congo Digital 2025, ainsi qu’avec les priorités du Plan national de développement 2022-2026. Il illustre notre volonté commune de faire du numérique un moteur de croissance, d’emploi et de transparence », a-t-elle indiqué.
Le projet d’Accélération de la Transformation Numérique se propose entre autres de moderniser les systèmes d’information de l’administration congolaise, en facilitant la gestion des données, l’interopérabilité et la dématérialisation de certains services publics ; de renforcer la cyber sécurité du pays et la protection des données personnelles des citoyens, ou encore de permettre d’équiper les administrations clés, notamment dans l’éducation supérieure, la santé, et les instances de gouvernance.
Ce lancement, une étape importante, a soutenu madame Anne Marchal, Ambassadeur de l’Union Européenne au Congo, pour le partenariat UE-Congo, puisqu’elle marque officiellement la phase dedémarrage effectif de ce projet phare de notre partenariat. Au-delà de l’importance du projet qu’elle a rappelée, la diplomate a évoqué les chiffres, et c’est important : « Trois partenaires au développement se sont mobilisés pour financer ce projet, doté d’un budget total de 89,4 milliards de francs CFA,soit 136,5 millions d’euros. Ce financement combine un don de 10 milliards de francs CFA de l’Union européenne, un prêt de 17 milliards de francs CFA de prêt de la Banque mondiale d’environ 61,4 milliards de francs CFA. Les composantes européennes du projet, dotées d’un budget de 27 milliards de FCFA (41 millions d’euros) la Banque européenne d’investissement et un, se concentrent sur : le renforcement de la gouvernance par la digitalisation ; le développement des compétences numériques en adéquation avec les besoins du secteur privé ; la protection des données personnelles ; et le renforcement la cyber sécurité en République du Congo ».
L’ambassadeur a rappelé que cette cérémonie fait suite au lancement de la mission d’assistance technique en novembre 2024, qui a permis de poser les premières bases opérationnelles du projet, de présenter l’équipe de consultants aux parties prenantes et de clarifier les objectifs, les activités envisagéesainsi que le calendrier indicatif. Elle a aussi permis d’identifierplusieurs enjeux critiques qui seront approfondis dans la phase actuellede mise en œuvre du volet BEI/UE du PATN.
Le gouvernement du Congo a fait du numérique l’un des piliers de son engagement décliné dans le Plan National de Développement 2022-2026. Un engagement rappelé par Léon Juste Ibombo, ministre de Postes, des télécommunications et de l’économie numérique, qui a renchéri que cette vision du Numérique a induit la stratégie nationale du développement du numérique à l’horizon 2030, au travers de laquelle le Projet d’Accélération de la Transformation Numérique, initié et mis en œuvre par le Gouvernement, est une réponse opérationnelle, adaptée et coordonnée aux besoins prioritaires d’inclusion numérique, sociale économique de nos populations, nos administrations publiques et privées, etc.
Par ailleurs, le ministre a énuméré les différents bénéfices de cet appui de l’UE et de la BEI : « Ce financement de la BEI et de l’UE permettra de soutenir les initiatives clés suivantes : la modernisation des systèmes d’information de l’administration publique, pour une gouvernance plus efficace, plus transparente et plus proche des citoyens ; le développement de l’économie numérique et son écosystème entrepreunarial ; le renforcement de l’employabilité des jeunes, grâce à des formations aux compétences numériques ; la modernisation de la gestion des données publiques, en particulier dans les secteurs sensibles comme l’Enseignement Supérieur et la Santé ; le renforcement de la cyber sécurité et de la protection des données personnelles ; l’appui à la Commission Nationale de Protection des Données, et enfin, le renforcement de l’interconnexion institutionnelle, en bâtissant des fondations réglementaires et techniques robustes pour un État numérique souverain ».
Léon Juste Ibombo n’a pas maqué cette occasion pour exprimer sa gratitude aux partenaires techniques et financiers internationaux « qui nous ont toujours encouragés, surtout à des moments d’incertitudes qu’à traversé le projet ».




