Du 5 au 7 juin, Brazzaville la capitale congolaise a vibré au rythme de la Journée mondiale de l’environnement, placée cette année sous le thème évocateur : « Mettre fin à la pollution plastique dans le monde ». Une série d’activités de sensibilisation, d’échanges et d’actions citoyennes a été organisée avec l’appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et sous la houlette de Madame Arlette Soudan Nonault, ministre de l’Environnement, du développement durable et du Bassin du Congo.
Le coup d’envoi des actions a été donné le jeudi 5 juin à Brazzaville, à travers une causerie-débat réunissant autorités publiques, partenaires au développement, société civile, chercheurs et citoyens, dans le but de susciter une prise de conscience collective sur les dangers liés à l’utilisation du plastique. Lors de cette rencontre, un constat accablant a été dressé : l’insouciance généralisée des populations face aux risques environnementaux, aggravée par un laxisme institutionnel inquiétant.
Les intervenants n’ont pas mâché leurs mots. Ont été vivement dénoncés : l’attitude permissive des services de douane, accusés de laisser pénétrer les sacs plastiques pourtant interdits ; l’absence de contrôle rigoureux par les autorités compétentes ; et la faiblesse des mesures coercitives contre les contrevenants. Le débat a également mis en lumière le rôle central de la population, appelée à adopter de nouveaux comportements de consommation.
Dans son intervention, Henry-René Diouf, représentant résident adjoint du PNUD au Congo, a rappelé que la lutte contre la pollution plastique est avant tout un combat contre le réchauffement climatique. « Chaque fois que nous utilisons le plastique, nous contribuons au réchauffement climatique », a-t-il affirmé. Avant de formuler un appel fort : «Que cette journée ne soit pas un événement isolé, mais le début d’un engagement collectif et durable pour la préservation de notre planète».
Ce message fait écho aux préoccupations mondiales sur la gestion des déchets plastiques, dont l’impact est aujourd’hui reconnu comme l’un des fléaux majeurs du siècle. Selon les données du PNUD, ce sont près de 400 millions de tonnes de plastiques qui sont produites chaque année dans le monde, dont une large part finit dans les océans, les rivières ou les sols, affectant durablement la biodiversité et la santé humaine.
Le point d’orgue des activités s’est tenu le samedi 7 juin avec une « marche verte contre la pollution », une initiative citoyenne et symbolique qui a rassemblé des centaines de participants. Le cortège, parti de la commune de Moungali, a parcouru les rues de Brazzaville jusqu’à l’esplanade de la Basilique Sainte-Anne, arborant casquettes, t-shirts et slogans mobilisateurs tels que : « Non au plastique ! ».
Cette marche a connu une forte participation des membres du gouvernement, notamment Arlette Soudan Nonault, Rigobert Maboundou, Irène Mboukou Kimbatsa, Bertille Nefer Ingani, ainsi que des représentants du Système des Nations Unies, dont Abdouramane Diallo, Adama-Dian Barry et Henry-René Diouf. Tous ont marché côte à côte avec les citoyens, exprimant leur volonté d’agir concrètement contre la pollution plastique.
Ministre de l’Environnement depuis plusieurs années, Arlette Soudan Nonault a une nouvelle fois plaidé pour une mobilisation multisectorielle et transversale. Puisqu’aussi bien, le plastique est présent, dans les rues, les marchés, les rivières. Il est urgent de changer cela. « L’État, les entreprises, les citoyens, nous devons tous prendre nos responsabilités », a-t-elle déclaré à l’issue des activités.
Elle a également évoqué l’urgence d’une réforme des pratiques de gestion des déchets, mais surtout la nécessité de renforcer le cadre législatif, de sanctionner les infractions environnementales et de promouvoir l’économie circulaire, notamment par l’encouragement des alternatives durables au plastique à usage unique.
Cette édition 2025 de la Journée mondiale de l’environnement à Brazzaville s’inscrit dans une dynamique globale de sensibilisation et de transition vers un modèle de consommation responsable. Toutefois, de nombreux défis restent à relever : assurer un contrôle plus strict aux frontières, développer des infrastructures de traitement des déchets, promouvoir l’éducation environnementale dès le plus jeune âge, et favoriser la recherche locale sur les solutions alternatives.
Au-delà des discours et des événements ponctuels, la lutte contre la pollution plastique nécessite un engagement de tous les instants, des actions concrètes sur le terrain, et une volonté politique affirmée. Comme l’a souligné un participant à la marche : « Nous avons marché aujourd’hui, mais c’est demain qu’il faudra changer nos habitudes ». A noter que : 400 millions de tonnes de plastiques produites chaque année dans le monde, 11 millions de tonnes de déchets plastiques finissent dans les océans chaque année, 1 million de bouteilles en plastique sont vendues chaque minute dans le monde. En Afrique, moins de 10 % des déchets plastiques sont recyclés.
La Journée mondiale de l’environnement 2025 à Brazzaville a permis de mettre en lumière les responsabilités partagées dans la lutte contre la pollution plastique. Sous l’impulsion du ministère de l’Environnement… et du PNUD, cette célébration a constitué un véritable appel à l’action. Pour que le slogan « Non au plastique » ne soit pas qu’un cri de ralliement éphémère, mais le début d’un changement durable.
Joyce KIDILOU-KIA-MOUZITA






