En effet, il y a une réalité qu’il serait injuste d’oublier.
Le Congo a des dirigeants.
Des hommes et des femmes qui portent aujourd’hui la responsabilité de l’État et qui, chacun dans son domaine, ont la charge de préserver la continuité de la République, sa paix, son unité et son avenir.
À commencer par le Président de la République, Denis SASSOU-N’GUESSO, Chef de l’État, mais aussi par le Premier ministre, Anatole Collinet Makosso, Chef du Gouvernement, reconduit dans ses fonctions en avril 2026.
Il serait donc excessif de parler du Congo comme d’un pays abandonné à son propre sort.
Le pays possède des institutions, une administration, un gouvernement et des responsables qui portent publiquement un projet de développement. Le nouveau quinquennat a notamment été présenté autour de l’objectif d’« accélération de la marche vers le développement ».
Alors, non : le Congo ne mourra pas.
Parce qu’il y a encore une volonté de le maintenir debout.
Parce qu’il y a encore des responsabilités assumées.
Parce qu’il y a encore des hommes et des femmes qui ont consacré une partie de leur vie à l’État et qui savent que l’histoire d’un pays ne se résume pas aux difficultés d’un moment.
Cela ne signifie pas que tout va bien.
Cela ne signifie pas que les problèmes doivent être minimisés.
Cela signifie simplement qu’une crise, aussi profonde soit-elle, ne doit jamais être confondue avec une condamnation.
Le Président de la République, le Premier ministre, les membres du Gouvernement, les parlementaires, les responsables des institutions, les acteurs économiques et sociaux ont devant eux une responsabilité historique : transformer les difficultés actuelles en occasion de reconstruction et d’accélération.
Car le Congo possède encore des leviers considérables.
Et surtout, il possède une population qui ne demande pas l’impossible.
Elle demande à pouvoir travailler.
Elle demande à pouvoir entreprendre.
Elle demande des écoles qui fonctionnent, des hôpitaux qui soignent, de l’électricité, de l’eau, des routes, de la sécurité, des perspectives pour sa jeunesse.
Elle demande que les richesses du pays deviennent davantage visibles dans la vie quotidienne.
C’est cela, le véritable combat.
Il ne s’agit pas de proclamer que le Congo est en parfaite santé.
Il s’agit de refuser de dire qu’il est condamné.
Entre le déni et le désespoir, il existe une troisième voie :
la lucidité et l’espérance.
Regarder la réalité en face.
Reconnaître les difficultés.
Corriger ce qui doit l’être.
Accélérer ce qui peut l’être.
Et surtout, ne jamais laisser mourir l’idée que le Congo peut faire mieux.
Car un pays commence véritablement à mourir lorsque ses enfants cessent de croire en lui.
Or la flamme est encore là.
Elle brûle dans les villages comme dans les villes.
Elle brûle chez les jeunes qui veulent entreprendre.
Elle brûle chez les travailleurs qui se lèvent chaque matin.
Elle brûle chez les enseignants, les médecins, les ingénieurs, les agriculteurs, les commerçants, les artistes, les chercheurs et tous ceux qui continuent à servir le pays.
Elle brûle aussi dans les institutions qui ont la responsabilité de conduire la République.
Alors gardons-la allumée.
Le Congo n’a pas le monopole de la crise.
Le Congo n’est pas condamné à mourir.
Le Congo traverse une épreuve.
Et une épreuve peut devenir le commencement d’un nouveau départ.
L’histoire n’est pas écrite.
À nous de l’écrire.
Michel Rodriguez ABIABOUTTI





