Chaque matin, elle quitte son domicile très tôt pour rejoindre la carrière avant les fortes chaleurs. « Je pars assez tôt, car la carrière est loin et il faut arriver avant que le soleil ne devienne trop accablant », explique-t-elle. Aux côtés de son mari, elle passe ses journées à casser et trier les pierres. Pendant les vacances scolaires, leurs enfants viennent parfois leur donner un coup de main, notamment pour le tri.
Pour Melvie, la couture et la casse des pierres présentent, contre toute attente, plusieurs similitudes. « En couture, il faut choisir le tissu, le couper, puis assembler les pièces. Ici aussi, il y a des étapes : on prend la pierre brute, on la casse, puis on la trie selon les dimensions demandées. Dans les deux cas, il faut être minutieux, patient et concentré », raconte-t-elle.
Si elle a abandonné, pour l’instant, sa machine à coudre, ce n’est pas par choix. La baisse des commandes de couture l’a poussée à chercher une activité plus rémunératrice. « En trois jours de travail, je peux gagner jusqu’à 50 000 francs CFA. En couture, c’était difficile. Les clients viennent surtout à l’approche des fêtes et, le reste de l’année, les commandes sont rares », confie-t-elle.
Selon elle, l’arrivée massive de vêtements importés à bas prix a fortement fragilisé les ateliers de couture. Comme beaucoup d’artisans, elle a dû se reconvertir temporairement pour assurer les dépenses du foyer.
À la carrière, les journées sont éprouvantes. Les ouvriers manipulent de lourdes pierres, les brisent à coups de marteau avant de les trier selon leur taille. Un travail qui demande une importante résistance physique et expose les travailleurs à de nombreux risques. « Avec les accidents qui surviennent ici, ma priorité est de protéger mes doigts. Ce sont eux qui nous permettent de vivre », souligne-t-elle.
Malgré ces conditions difficiles, Melvie n’a pas renoncé à son premier métier. Dès qu’elle en a l’occasion, elle reprend son aiguille pour réaliser quelques commandes destinées à des proches ou à d’anciens clients.
Son objectif reste inchangé : économiser suffisamment pour ouvrir son propre atelier de couture. « La casse des pierres n’est qu’une étape. Mon rêve est de revenir définitivement à la couture. C’est un métier qui offre davantage de perspectives et qui me passionne », affirme-t-elle.
En attendant de concrétiser ce projet, Melvie poursuit son activité à la carrière de Kombé avec courage et détermination. Entre le marteau et l’aiguille, elle garde l’espoir qu’un jour le bruit des pierres laissera place au ronronnement de sa machine à coudre.
Annette Kouamba Matondo




