A l’occasion de la célébration en différée de la Journée internationale de la femme, commémorée chaque 8 mars, le Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap a organisé, vendredi 27 mars 2026, à Brazzaville, un séminaire qui a réuni acteurs institutionnels, experts en genre et femmes vivant avec handicap. Cette rencontre a constitué un cadre d’échanges et de sensibilisation autour des droits, de la protection sociale et de l’inclusion de cette catégorie, souvent marginalisée.
Dans son discours d’ouverture, le Secrétaire exécutif permanent du Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap, Bakary Traoré, a rappelé l’importance historique et sociale de cette journée. Il a insisté sur les avancées juridiques, enregistrées en République du Congo, notamment la loi Mouebara n°19-2022, relative à la lutte contre les violences faites aux femmes, ainsi que la loi n°18-2025, portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap. Selon lui, ces instruments juridiques constituent des leviers essentiels pour garantir l’égalité des chances et favoriser l’épanouissement des femmes concernées.
Prenant la parole à son tour, Joël Annièle Poaty Tchibinda, deuxième secrétaire permanente du Conseil consultatif des personnes vivant avec handicap et vice-présidente de la plateforme nationale de la protection sociale pour l’Afrique centrale, a souligné la portée symbolique et pratique de ce séminaire. Elle a mis en avant la nécessité de transformer cet espace en un lieu de prise de conscience et d’autonomisation. << Vous avez des droits, vous avez de la valeur, vous avez une place dans cette société >>, a-t-elle affirmé, invitant les participantes à s’exprimer, à partager leurs expériences et à s’approprier les outils juridiques mis à leur disposition.
Le séminaire s’est articulé autour de plusieurs thématiques majeures, notamment la réadaptation sociale, la solidarité et l’action sociale, ainsi que la promotion des droits des personnes vivant avec handicap. Une attention particulière a été accordée à la vulgarisation des textes de loi, perçus comme des instruments de défense et d’émancipation. Les communications ont également abordé la question du genre, en mettant en lumière les discriminations spécifiques auxquelles sont confrontées les femmes vivant avec handicap, tant dans les sphères sociales que professionnelles.
Parmi les intervenants figuraient également des experts et responsables institutionnels, notamment une consultante en genre et des représentantes d’organisations engagées dans la protection sociale. Ces contributions ont permis d’enrichir les débats et de proposer des pistes concrètes pour renforcer l’inclusion et la participation des femmes concernées dans la vie publique.
Le témoignage de Bouanga Marie Virginie, participante et membre du Groupement des intellectuels et ouvriers handicapés du Congo, illustre l’impact direct de ce séminaire. Elle a salué une initiative <<très importante >> qui lui a permis de mieux comprendre les dispositions légales, notamment l’article 48 de la loi sur la protection des personnes vivant avec handicap. << Désormais, je sais que je peux me défendre face aux discriminations >>, a-t-elle déclaré, évoquant les obstacles rencontrés dans certains milieux professionnels où les personnes handicapées restent souvent exclues, malgré leurs qualifications.
Cette célébration différée du 8 mars s’est imposée comme un moment fort de réflexion et d’engagement collectif. Au-delà de la commémoration, elle a permis de réaffirmer la nécessité de traduire les acquis juridiques en actions concrètes, afin de garantir aux femmes vivant avec handicap une pleine reconnaissance de leurs droits et une véritable inclusion dans la société congolaise.
Joyce KIDILOU-KIA-MOUZITA





