Le ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a présenté, le 29 octobre 2026, devant les sénateurs, les grandes orientations du projet de loi de finances pour l’exercice 2027. Ce budget mise sur une croissance économique de 6,2 %, la consolidation des finances publiques et le renforcement des investissements dans les secteurs prioritaires.
Cette présentation liminaire n’a donné lieu à aucun débat. Elle a permis au ministre d’exposer les principales hypothèses économiques, les prévisions budgétaires ainsi que les priorités retenues pour l’exercice 2027.
Pour élaborer ce projet de budget, le gouvernement s’est appuyé sur des perspectives économiques internationales et régionales jugées encourageantes.
La croissance mondiale est projetée à 3,2 % en 2027, contre 3,1 % en 2026. Dans le même temps, l’inflation mondiale devrait poursuivre son ralentissement pour s’établir à 3,7 %, après 4,4 % en 2026.
Dans la zone CEMAC, la croissance économique est attendue à 3,5 %, contre 3 % en 2026. L’inflation devrait, quant à elle, se maintenir à 2,9 %, soit en dessous du seuil communautaire de convergence fixé à 3 %.
Une croissance nationale projetée à 6,2 %
Les perspectives économiques présentées par Christian Yokasur le plan national, traduisent une amélioration attendue de l’activité économique, soutenue par le secteur pétrolier et par les activités hors pétrole. Ainsi, la croissance du produit intérieur brut (PIB) réel est projetée à 6,2 % en 2027, contre 5,3 % en 2026 et 4,6 % en 2025.
Le projet de loi de finances 2027 met également l’accent sur la consolidation budgétaire et la maîtrise des dépenses publiques.
Les principaux agrégats présentés font état de ressources budgétaires totales de 3 121,8 milliards de francs CFA et de dépenses budgétaires évaluées à 2 638,4 milliards de francs CFA.
L’excédent budgétaire global annoncé s’élève à 482,4 milliards de francs CFA. Il contribuera à couvrir les besoins nets de trésorerie de l’État et à limiter le recours à de nouveaux emprunts.
Cette orientation traduit la volonté du gouvernement de renforcer la discipline budgétaire afin de préservant les équilibres macroéconomiques.
Le ministre des Finances a toutefois reconnu les contraintes structurelles auxquelles le pays demeure confronté, notamment le niveau élevé de l’endettement et l’accumulation des arriérés de paiement.
Selon les projections présentées, le ratio de la dette publique rapportée au PIB devrait passer de 88,6 % en 2026 à 80,9 % en 2027.
Pour la gestion de la trésorerie, les ressources prévisionnelles sont estimées à 1 274,6 milliards de francs CFA, contre des charges de 1 757 milliards. Et, le besoin net de financement ressort ainsi à 482,4 milliards de francs CFA.
Devant cette situation, la stratégie gouvernementale prévoit l’apurement progressif des arriérés intérieurs, qu’ils soient sociaux ou commerciaux, ainsi que des interventions planifiées sur le marché des titres publics de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC).
670 milliards FCFA pour les investissements prioritaires
L’investissement constitue aussi l’un des axes essentiels du projet de budget 2027. Le gouvernement prévoit une enveloppe globale de 670 milliards de francs CFA. Ces ressources seraient orientées vers des investissements structurants et des secteurs essentiels au développement économique et social du pays.
Les infrastructures économiques et sociales, l’énergie, les transports, le développement agricole, l’éducation, la santé, l’accès à l’eau potable et l’électricité constituent les domaines prioritaires.
Le projet de loi de finances envisage également la poursuite des réformes administratives et institutionnelles destinées à améliorer l’efficacité de la dépense publique.
Il s’agit de poursuivre la transition vers la budgétisation en mode programme, de renforcer la numérisation des administrations fiscales et douanières afin d’élargir l’assiette fiscale et d’optimiser la mobilisation des recettes.
Le gouvernement entend aussi rationaliser les dépenses courantes, liées à la masse salariale, aux transferts et aux subventions.
Par ailleurs, des négociations devraient être renforcées avec les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international (FMI), la Banque mondiale et la Banque africaine de développement (BAD), en vue de mobiliser des appuis budgétaires extérieurs complémentaires.
Au terme de cette présentation, le président du Sénat, Pierre Ngolo, a pris acte des communications du ministre des Finances avant de lever la séance.
Le projet de budget 2027 affiche plusieurs ambitions, à savoiraccélérer la croissance économique, renforcer les investissements publics, améliorer la gestion de la dette et poursuivre les réformes de gouvernance. Sa mise en œuvre effective constituera un enjeu pour la réalisation des objectifs économiques et sociaux du Congo en 2027.
Par Orland Alain M’BADINGA.
