Pourquoi le Congo doit faire des compétences sa première richesse
Les compétences au service de l’industrialisation, de l’emploi et de la souveraineté économique
Par Thierry Gatsono
ÉDITORIAL
Une nouvelle étape s’ouvre aujourd’hui.
Le Congo a du pétrole, du bois, des mines et une jeunesse remarquable. Mais sa plus grande
richesse reste à bâtir : les compétences.
C’est cette conviction qui fait naître aujourd’hui le Congo des Compétences.
Le livre blanc que j’ai présenté sous le nom de « Congo Compétences 2035 » change désormais de nom pour devenir « Le Congo des Compétences ».
Ce changement de nom n’est pas seulement une question d’édition. Il montre une conviction
profonde : les compétences ne sont pas seulement un objectif à atteindre d’ici 2035 ; elles
doivent devenir l’identité du Congo de demain.
« Le Congo des Compétences » porte une ambition plus grande. Il ne s’agit plus seulement de développer des compétences, mais de bâtir une nation où chaque citoyen, chaque entreprise, chaque région et chaque institution participent à faire du capital humain la première richesse du pays.
Cette première chronique ouvre une série consacrée aux grands défis du développement du Congo.
Chaque mois, nous aborderons un thème différent : l’emploi, l’industrie, l’agriculture, le numérique, les mines, la gouvernance, l’innovation ou encore la formation.
Un fil conducteur reliera chacune de ces chroniques : les compétences.
Les ressources naturelles offrent des opportunités.
Les compétences créent des nations.
C’est cette conviction qui guide désormais Le Congo des Compétences.
Quand on parle du développement du Congo, on pense spontanément aux routes, aux barrages, aux ports, aux mines, au pétrole ou encore aux grandes infrastructures. Ces investissements sont essentiels. Ils montrent une ambition claire : construire une économie plus forte, plus diversifiée et plus créatrice de valeur.
Mais derrière chaque projet, une question revient trop rarement : qui va les concevoir, les construire, les exploiter et les faire évoluer ?
La réponse tient en deux mots : des compétences humaines.
Dans ma carrière, en France comme au Congo, j’ai vu la même chose. D’un côté, des entreprises ont du mal à recruter des techniciens, des spécialistes ou des ingénieurs, pourtant essentiels à leur croissance. De l’autre, des jeunes diplômés peinent à trouver un emploi stable. Ce paradoxe n’est pas une fatalité. Il montre un défi important : mieux adapter les compétences formées à ce dont notre économie a réellement besoin.
Cette conviction s’est renforcée en 2014, lorsque le ministère de l’Enseignement technique et professionnel m’a confié une mission de formation auprès de plus de 130 enseignants des filières industrielles. J’ai compris qu’en formant un enseignant, on ne change pas seulement une classe : on améliore toute une filière, on prépare les compétences de centaines de jeunes et on aide, à long terme, au développement économique du pays.
Je me rappelle un professeur de maintenance des véhicules qui m’a dit : « Nous voulons former les jeunes aux métiers d’aujourd’hui, mais nous travaillons encore avec des équipements d’hier, donc avec des compétences dépassées sur le plan technologique. » Cette phrase m’a marqué et je m’en souviens toujours.
Aujourd’hui, le Congo a de grands atouts : une jeunesse nombreuse, des ressources naturelles uniques, une position géographique stratégique et une réelle volonté de diversifier son économie. Mais ces atouts ne donneront tous leurs fruits que si le développement des compétences devient une priorité nationale, soutenue au plus haut niveau de l’État et partagée par tous les acteurs publics et privés.
Avec Les Chroniques du Capital Humain, je veux lancer un débat constructif sur cette question clé. Chaque premier lundi du mois, nous étudierons un enjeu important du développement, en nous appuyant sur des données, des exemples internationaux et des idées concrètes. Mon but est simple : faire des compétences non pas une politique parmi d’autres, mais le véritable moteur de la transformation économique, sociale et humaine du Congo.
Parmi tous les leviers permettant de développer les compétences dont le Congo a besoin, l’enseignement technique et professionnel occupe une place particulière. Il constitue le point de rencontre entre l’éducation, l’entreprise et le développement économique. C’est donc naturellement par lui que s’ouvre cette première chronique.
C’est ici que tout commence. Je suis convaincu que les compétences ne sont pas simplement une politique publique de plus. Elles sont le fil conducteur de toutes les politiques publiques. Elles influencent l’industrialisation, l’emploi, la santé, l’agriculture, le numérique, la transition énergétique, la souveraineté économique et, plus largement, l’avenir du Congo.
LE CONSTAT
Trois chiffres qui doivent nous interpeller
47 % des Congolais ont moins de 18 ans.
40,6 % — près de quatre jeunes actifs sur dix sont au chômage.
2,4 % — En 2025, l’économie congolaise poursuit son retour progressif à la croissance.
La reprise est encore fragile, mais elle offre au Congo une chance de relancer les investissements productifs, d’accélérer la diversification de l’économie et de créer davantage d’emplois qualifiés. (Estimation du FMI)
Ces trois chiffres illustrent une partie de l’histoire actuelle du Congo. Ils montrent à la fois le grand potentiel de notre pays et l’important défi que nous devons relever.
Le premier chiffre est sans doute le plus encourageant. Près de la moitié de la population congolaise a moins de 18 ans, ce qui confère au pays une jeunesse exceptionnelle. Peu de pays ont autant d’énergie, de créativité et de talents. Cette jeunesse représente l’un des plus grands atouts pour le développement du Congo, à condition d’investir dès maintenant dans son éducation et sa formation. Elle ne deviendra un moteur de développement que si elle a accès à une éducation de qualité, à des formations adaptées et à de véritables perspectives d’emploi.
Le deuxième chiffre montre que cette promesse n’est pas encore tenue. Beaucoup de
jeunes, même après plusieurs années d’études ou de formation, ont du mal à trouver un emploi stable. Derrière ces chiffres, il y a des milliers de parcours, des ambitions freinées et des compétences qui ne trouvent pas leur place sur le marché du travail. Ce n’est pas un manque de volonté, mais plutôt un écart entre les compétences acquises et celles recherchées par les entreprises.
Le troisième chiffre montre que le Congo progresse depuis 2024. L’économie connaît une dynamique positive. Le pays cherche à moderniser ses outils de production, à améliorer ses infrastructures et à accélérer sa diversification. Ces progrès ouvrent de nouvelles perspectives, mais une question importante se pose : qui accompagnera cette transformation ?
Derrière chaque route, chaque usine, chaque ferme, chaque plateforme numérique ou chaque investissement, il y a des femmes et des hommes compétents. Ingénieurs, techniciens, développeurs, soudeurs, logisticiens et mécaniciens agricoles sont ceux qui font avancer la transformation économique. Sans leur travail, aucun projet ne peut vraiment réussir.
Le vrai problème n’est ni le manque de talents ni celui d’opportunités. Il se situe à l’intersection de ce que recherchent les entreprises, des formations disponibles et des politiques de développement économique. Il n’est plus acceptable que des entreprises aient du mal à recruter, alors que des milliers de jeunes peinent à trouver un emploi. Réduire ce fossé doit désormais devenir une priorité nationale.
Il ne s’agit plus seulement de former davantage, mais de former différemment. Les métiers évoluent rapidement avec les innovations technologiques, la transition énergétique, le numérique et l’intelligence artificielle. Les formations doivent suivre le rythme de l’économie.
Les entreprises doivent aider à les définir, les enseignants doivent actualiser leurs compétences, et les politiques publiques doivent mieux anticiper les métiers de demain. Le défi principal n’est plus d’identifier les atouts du Congo, mais de les transformer en résultats
durables. Le pays doit développer le capital humain dont son économie a besoin. C’est ce capital humain qui permettra l’innovation, la création de valeur, l’attraction des investissements et le renforcement de la souveraineté économique.
La croissance économique ne suffira pas à transformer durablement le Congo. Il faudra une politique ambitieuse de développement des compétences pour que cette croissance mène à une prospérité durable.
REGARD INTERNATIONAL
Le Rwanda et le Sénégal : deux trajectoires, une même conviction
Le développement d’un pays ne dépend pas seulement de ses ressources naturelles ni de ses infrastructures. Il repose surtout sur sa capacité à renforcer les compétences de sa population.Aujourd’hui, plusieurs pays africains montrent que miser sur le capital humain peut transformer leurs économies. Le Rwanda et le Sénégal en sont deux exemples inspirants.
Le Rwanda : faire du capital humain une priorité nationale
Il y a environ trente ans, peu de gens pensaient que le Rwanda allait transformer aussi profondément son économie et ses institutions. Le pays n’avait ni grandes ressources naturelles ni un vaste marché intérieur. Il a donc choisi d’investir avant tout dans son capital humain.
Le gouvernement rwandais a peu à peu placé le développement des compétences au cœur de sa stratégie nationale. L’enseignement, la formation professionnelle, le numérique, l’innovation et l’entrepreneuriat font désormais partie d’un même projet de développement et ne sont plus traités séparément.
Grâce à cette approche, le pays a mieux adapté ses formations aux besoins de l’économie, attiré davantage d’investissements et renforcé l’employabilité des jeunes. Les savoir-faire sont devenus un véritable levier de compétitivité et de souveraineté.
Pour le Congo, la leçon est simple : le développement du capital humain ne peut pas dépendre d’un seul ministère. Il doit être soutenu au plus haut niveau de l’État, avec une vision partagée entre les ministères de l’Éducation, de l’Industrie, de l’Économie, du Numérique et de l’Emploi, ainsi qu’avec les acteurs privés.
Le Sénégal : former aujourd’hui pour les métiers de demain
Le Sénégal a choisi une voie différente, mais tout aussi intéressante. Avec la croissance de secteurs tels que les infrastructures, le numérique, l’agro-industrie et les hydrocarbures, le pays a modernisé en profondeur son enseignement technique et sa formation professionnelle.
L’objectif n’est plus seulement de former davantage de jeunes, mais de développer les compétences dont l’économie aura besoin dans les années à venir. Cette anticipation pousse à réévaluer fréquemment les programmes, à renforcer les liens avec les entreprises et à créer des filières adaptées aux priorités économiques du pays.
Cette démarche part d’une idée simple : les formations doivent préparer les jeunes aux métiers de demain, et non à ceux du passé.
Pour le Congo, cette expérience montre qu’il vaut mieux anticiper les besoins en compétences.
Cela veut dire suivre l’évolution du marché du travail, impliquer davantage les entreprises dans la création de formations et développer des filières adaptées à chaque région.
Deux pays, deux contextes différents, mais une même leçon.
Le Rwanda, tout comme le Sénégal, montre qu’il n’existe pas de modèle unique. Cependant, ces deux pays partagent une idée essentielle : le développement économique durable commence par le renforcement des compétences.
Le Congo n’a pas vocation à reproduire un modèle venu d’ailleurs. Il peut s’appuyer sur les réussites africaines pour élaborer une stratégie qui lui soit propre, adaptée à son histoire, aux réalités de ses territoires et à ses ambitions.
TROIS PROPOSITIONS POUR LE CONGO
Je suis convaincu que le Congo dispose déjà des ressources humaines nécessaires pour réussir. Aujourd’hui, ce n’est pas le talent qui fait défaut, mais plutôt une vision partagée quirelie la formation, l’emploi et le développement économique. Les trois propositions suivantes vont dans ce sens.
Proposition 1 : Construire une stratégie nationale des compétences à l’horizon 2035.
Pourquoi ?
La première décision est politique avant d’être éducative.
Aujourd’hui, les politiques de formation, d’emploi, d’industrialisation, d’agriculture, du numérique et de l’enseignement supérieur sont encore souvent menées séparément.
Pourtant, elles cherchent toutes à répondre à la même question : de quelles compétences le Congo aura-t-il besoin dans cinq, dix ou quinze ans ?
Sans vision commune, on risque de continuer à former dans certaines filières qui ne correspondent pas suffisamment aux besoins futurs de l’économie, tout en laissant des secteurs stratégiques manquer de techniciens, de cadres intermédiaires et de spécialistes.
Une stratégie nationale des compétences aiderait à fixer des priorités claires, en accord avec les grandes priorités nationales : développement industriel, modernisation des infrastructures, valorisation des ressources minières et forestières, agriculture, économie numérique, énergie, logistique et services. Chaque politique publique devrait désormais intégrer une dimension de « développement des compétences ».
Les bénéfices
Cette stratégie donnerait une direction commune à tous les ministères, établissements de formation, universités, entreprises et collectivités territoriales. Elle aiderait aussi à mieux orienter les investissements publics, à revoir les filières moins pertinentes et à renforcer celles qui mènent vers les métiers d’avenir. Elle offrirait également davantage de visibilité aux jeunes et à leurs familles. Choisir une formation serait moins incertain, car les parcours seraient mieux alignés sur les perspectives économiques réelles.
L’impact attendu
À terme, le Congo aurait une politique cohérente qui relierait directement les compétences aux grands projets nationaux. Les formations seraient mieux ciblées, les ressources mieux utilisées et les jeunes mieux préparés aux secteurs porteurs.
L’effet principal consisterait à réduire progressivement l’écart entre les diplômes délivrés et les besoins de l’économie.
Proposition 2 : Créer un Observatoire national des métiers et des compétences.
Pourquoi ?
On ne peut préparer les métiers de demain sans connaître les besoins de demain.
Dans une économie en rapide évolution, les besoins en compétences évoluent sous l’effet des innovations technologiques, de la transition énergétique, du numérique, de l’industrialisation et des transformations des marchés. Former sans une vision claire de ces évolutions revient à naviguer sans boussole.
Pour anticiper les besoins futurs, le Congo devrait créer un Observatoire national des métiers et des compétences. Cet organisme analyserait les évolutions du marché du travail, identifierait les métiers émergents, repérerait les secteurs en tension et fournirait des données fiables pour guider les décisions publiques et privées.
Cet observatoire serait un outil d’aide à la décision pour l’État, les collectivités territoriales, les établissements de formation, les universités, les entreprises et les partenaires économiques.
Il faciliterait l’anticipation des mutations et la construction d’une politique de développement des compétences fondée sur des données objectives.
Les bénéfices
La création d’un Observatoire national permettrait de mieux coordonner les acteurs du développement des compétences. Ministères, centres de formation, universités, entreprises et collectivités pourraient ainsi partager une vision commune des besoins du pays.
Grâce à ses travaux, il serait possible de mieux orienter les investissements publics, de mettre à jour les référentiels de formation et de renforcer les filières en lien avec les priorités stratégiques.
L’Observatoire fournirait également des informations utiles aux jeunes et à leurs familles. Le choix d’une formation serait alors fondé sur les perspectives d’emploi réelles, ce qui rendrait l’orientation et l’insertion professionnelle plus faciles.
Enfin, il encouragerait le dialogue entre la formation et les entreprises, essentiel pour proposer une offre adaptée aux réalités économiques.
L’impact attendu
À l’avenir, le Congo pourrait mettre en place un système national pour anticiper les besoins en compétences, afin de soutenir ses grands projets et ses transformations économiques.
Les formations seraient mises à jour régulièrement, les ressources publiques seraient mieux utilisées, les entreprises trouveraient plus facilement les profils dont elles ont besoin et les jeunes auraient accès à des parcours offrant de meilleures chances d’emploi.
Le principal effet consisterait à réduire progressivement l’écart entre les compétences acquises et celles requises sur le marché du travail. L’Observatoire deviendrait alors un outil pour renforcer la compétitivité, l’attractivité et l’indépendance du pays, en préparant dès maintenant les compétences nécessaires à l’économie de demain.
Proposition 3 : Développer des pôles territoriaux de compétences liés aux secteurs stratégiques.
Les territoires ne se développent pas tous de la même manière. Les compétences doivent donc être conçues au plus près de leurs réalités économiques.
Pourquoi ?
Toutes les régions du Congo n’ont pas besoin de former aux mêmes métiers. Les besoins évoluent selon les bassins économiques, les ressources disponibles et les projets de développement.
Pointe-Noire pourrait devenir le pôle national des métiers portuaires, pétroliers et logistiques.
La Bouenza pourrait développer davantage les compétences liées à l’agro-industrie et à la transformation alimentaire. Brazzaville pourrait consolider les filières du numérique, des services, de l’administration moderne et de l’innovation.
Au lieu de disperser les moyens, le Congo aurait intérêt à créer progressivement des pôles territoriaux spécialisés, qui rassembleraient des établissements techniques, des entreprises, des universités, des centres de recherche et des collectivités.
Les bénéfices
Ces pôles aideraient à moderniser les équipements, à partager les ressources et à regrouper les expertises. Ils offriraient aussi des parcours plus clairs, de la formation initiale à la spécialisation, en passant par l’alternance et la formation continue.
Les entreprises pourraient participer à la définition des programmes, accueillir des stagiaires et contribuer à la formation des enseignants. Les jeunes profiteraient ainsi d’un environnement plus proche du monde professionnel. Cette organisation rendrait également les territoires plus attractifs, en montrant aux investisseurs qu’ils y trouveraient les compétences dont ils ont besoin.
L’impact attendu
Chaque grand bassin économique aurait peu à peu un vivier de techniciens et de professionnels qualifiés. Les jeunes pourraient se former près de chez eux, les entreprises recruteraient localement et les territoires participeraient plus directement à la diversification de l’économie.
L’impact attendu serait double : une insertion professionnelle plus rapide et un développement économique mieux réparti sur l’ensemble du territoire.
Une priorité commune
Ces trois propositions se complètent.
La stratégie nationale donne la direction, l’Observatoire fournit les données pour décider, et les pôles territoriaux concrétisent cette vision par des formations et des emplois.
Le Congo doit maintenant former selon le pays qu’il veut construire, et non seulement en fonction de l’offre actuelle.
L’IDÉE DU MOIS
Les compétences sont le fil conducteur de toutes les politiques publiques.
C’est précisément pour cette raison que le développement des compétences n’est pas une politique éducative comme les autres. Il influence l’industrie, l’agriculture, le numérique, la santé, l’emploi, l’innovation, la compétitivité et la croissance.
Pendant de nombreuses années, on considérait que les compétences se limitaient à l’école et à la formation professionnelle. Aujourd’hui, cette façon de voir les choses n’est plus d’actualité.
Former des femmes et des hommes qualifiés contribue à favoriser l’industrialisation, l’innovation, la souveraineté alimentaire et la création d’emplois durables. Investir dans les compétences, c’est donc préparer l’avenir de tout un pays.
Le capital humain n’est pas une simple dépense publique. C’est le principal investissement stratégique d’un pays.
LE CHIFFRE DU MOIS
47 % – Près d’un Congolais sur deux a moins de 18 ans.
Peu de pays ont un potentiel démographique aussi important. La jeunesse congolaise peut vraiment devenir le moteur de la transformation économique du pays, si elle reçoit une éducation de qualité, des formations adaptées et un accompagnement solide vers l’emploi.
Le défi consiste à faire de cette jeunesse une génération capable de produire, d’innover et
d’entreprendre. En formant dès maintenant les futurs techniciens, ingénieurs, développeurs et
entrepreneurs, on prépare l’avenir du Congo.
À RETENIR
• La plus grande richesse d’un pays réside dans les compétences de sa population.
• Les ressources naturelles prennent de la valeur lorsqu’elles sont transformées par des femmes et des hommes qualifiés.
• Le capital humain est le principal moteur de la compétitivité, de l’innovation et de la croissance durable.
• Les compétences d’aujourd’hui créent les emplois de demain.
• Former un jeune, c’est préparer la prospérité de tout un pays.Le pétrole peut financer le développement. Le bois peut créer de la richesse.
Les mines peuvent soutenir la croissance. Mais seules les compétences permettront au Congo de générer davantage de prospérité.
La première richesse du Congo ne se trouve pas uniquement dans son sous-sol. Elle se construit chaque jour dans ses écoles, ses centres de formation, ses universités et ses entreprises.
LE DÉFI DU MOIS
Le développement des compétences ne se fait pas seulement à l’école ou dans les centres de formation. Il touche aussi chaque entreprise, chaque administration, chaque territoire et chaque citoyen.
En attendant notre prochaine chronique, prenez un moment pour réfléchir à cette question :
Quelles compétences seront essentielles dans votre secteur d’activité au cours des dix prochaines années, et que faisons-nous dès maintenant pour les développer ?
Le Congo des Compétences commence par une conviction simple : les grandes transformations naissent toujours d’une prise de conscience partagée.
POUR ALLER PLUS LOIN
Cette chronique s’inscrit dans les travaux de VALAURIA, laboratoire d’idées consacré au développement des compétences, du capital humain et des politiques publiques.
À partir de septembre 2026, retrouvez des analyses, des notes stratégiques et des publications
sur www.valauria.org.
LE RENDEZ-VOUS DU MOIS PROCHAIN
Chronique n°2
Former pour l’emploi : pourquoi l’entreprise doit-elle devenir le partenaire naturel de l’école ?
Construire des formations adaptées aux besoins de l’économie.
Avec des exemples concrets, nous verrons comment les partenariats entre écoles et entreprises peuvent accélérer l’insertion professionnelle des jeunes et renforcer la compétitivité de l’économie congolaise.
À propos de l’auteur
Thierry Gatsono
Auteur du livre blanc « Le Congo des Compétences » (parution prévue en 2027), concepteur du programme PACTE consacré à la modernisation de l’enseignement technique et professionnel au Congo, et fondateur de VALAURIA, laboratoire d’idées dédié au développement du capital humain, des compétences et des politiques publiques
