La soirée a débuté par une série de prestations artistiques mettant en valeur la richesse de la création congolaise. Musiciens, danseurs, percussionnistes et sapeurs se sont succédé sur scène, donnant le ton d’un événement placé sous le signe de la diversité culturelle. Plusieurs autorités, diplomates, acteurs culturels et passionnés des arts de la scène avaient effectué le déplacement.
Point culminant de la soirée, Vuka a transporté les spectateurs dans l’empire de Kimoya, à travers une mise en scène mêlant théâtre, chants, danses et chorégraphies martiales.
L’histoire suit Keya, unique Mwana Ntontela (fils de l’empereur) et héritier du puissant empire de Kimoya. Destiné à devenir Nfumu Ntotela, il grandit sous une protection constante qui lui interdit de quitter le palais. Animé par une soif de connaissance, il nourrit une fascination pour le Wizu Nzazila Diwesulu, appelé Winzadi, une énergie cosmique capable d’accorder d’immenses pouvoirs à ceux qui en maîtrisent les secrets.
Refusant de rester prisonnier de son destin, Keya s’enfuit à la découverte du monde. Son voyage lui révèle une réalité bien différente de celle qui lui avait été décrite. Le Winzadi, autrefois source d’équilibre et de sagesse, est désormais détourné par les puissants. Corrompu par le Singuadi, force incarnant l’égoïsme, la violence et la cruauté, il est devenu un instrument de domination.
À travers cette quête initiatique, Vuka met en avant des valeurs telles que la liberté, le courage, la transmission des savoirs, l’amour, la responsabilité, la justice et le leadership, tout en rendant hommage à l’héritage culturel du Royaume Kongo.
La richesse visuelle constitue l’un des points forts du spectacle. Costumes royaux, scarifications, étoffes ornées de symboles traditionnels, masques et accessoires plongent le public dans l’atmosphère d’un royaume africain ancien. Les chants, les roulements de tambours, les danses rituelles et les rythmes ancestraux renforcent cette immersion, tandis que les combats chorégraphiés rappellent les rites initiatiques et l’héroïsme des anciens royaumes africains.
En réunissant musique, théâtre, danse et traditions, la troupe Kesa dia Kongo livre une œuvre qui dépasse le simple divertissement. Vuka invite le public à redécouvrir un patrimoine historique, culturel et spirituel souvent méconnu, tout en abordant des thèmes universels comme l’identité, la transmission, le vivre-ensemble, la jeunesse et la sagesse africaine.
Malgré la qualité de la représentation, certains comportements dans la salle ont parfois perturbé l’écoute du spectacle. Cris, commentaires à voix haute, chants et éclats de rire ont couvert plusieurs répliques des comédiens, notamment lors des scènes de combat où les encouragements du public rappelaient parfois l’ambiance d’une rencontre sportive.
Si cette ferveur témoigne de l’engouement suscité par l’œuvre, elle rappelle également l’importance du respect des règles de spectacle vivant. Une telle création mérite une écoute attentive afin que chaque spectateur puisse pleinement apprécier la qualité de la mise en scène, la force du texte, le talent des comédiens et toute la portée du message porté par Vuka.
Annette Kouamba Matondo





