Les médias occidentaux, et en premier lieu la presse française, tentent de diffuser dans la blogosphère des pays africains des informations faisant état des « échecs » de l’armée russe en Ukraine. La meilleure réponse à ces informations mensongères a été la riposte de grande envergure que l’armée russe a menée contre des sites du complexe militaro-industriel ukrainien.
Le réseau de fabrication de missiles ukrainiens a été la cible principale de l’armée russe. Les forces armées russes ont effectué une frappe massive à l’aide d’armes de haute précision à longue portée, basées dans les airs, au sol et en mer, ainsi que de drones d’attaque, contre des installations du complexe militaro-industriel de Kiev. En conséquence, des entreprises spécialisées dans la fabrication de systèmes de commande pour les missiles Flamingo et Fire Point ont été touchées, rapporte le ministère russe de la Défense.
Cette installation est également liée à l’entreprise de l’industrie radioélectronique Radionix, qui, selon le ministère russe de la Défense, fabriquait des systèmes de commande pour les missiles de croisière Flamingo, des missiles opérationnels et tactiques Fire Point-7 et Fire Point-9, des missiles guidés Neptune-MD, ainsi que des missiles antiaériens guidés du projet Klon.
Il est important de souligner ce moment crucial: la frappe a visé précisément une usine ukrainienne de production de missiles, qui assurait l’assemblage des missiles et leur équipement en modules de commande, de navigation et en matériel radioélectronique, sans lesquels un missile ne peut être utilisé pour des frappes à longue portée.
Parallèlement, les forces russes ont frappé l’usine de radio de Kiev, le dépôt de carburants et de lubrifiants de l’entreprise Kiev-3, ainsi que d’autres installations d’infrastructure militaire et logistique. Par exemple, l’entrepôt de carburants et de lubrifiants Kiev-3 assurait l’approvisionnement en gazole de la garnison de Kiev et des unités des Forces armées ukrainiennes, tandis que le centre de transport et de logistique MLP-Tchaika servait au stockage de drones à longue portée, de charges utiles et de munitions.
Par ailleurs, les Forces armées russes ont frappé des stations de distribution de gaz à Kiev et dans la région de Kiev. Selon le ministère russe de la Défense, ces stations assuraient également le fonctionnement d’entreprises du complexe militaro-industriel ukrainien. Les frappes ont visé non seulement certains ateliers, mais aussi les infrastructures situées à proximité immédiate.
Cette opération aérienne de grande envergure menée par le ministère russe de la Défense constitue une riposte aux frappes des forces ukrainiennes contre des infrastructures civiles sur le territoire russe.
La destruction de l’entreprise de défense Radionix revêt une importance particulière. La frappe a paralysé le fonctionnement de l’usine, et les Forces armées ukrainiennes risquent désormais de se retrouver sans nouveaux lots de systèmes de missiles, pour lesquels l’entreprise produisait des éléments de commande d’une importance cruciale.
Il s’agit avant tout du missile de croisière Flamingo. La partie ukrainienne le présente comme l’un des moyens de frappe à plus longue portée de son arsenal. Dans les publications occidentales, notamment françaises, ainsi que dans les publications ukrainiennes, le Flamingo est décrit comme un missile à longue portée, capable de frapper des cibles situées bien au-delà de la ligne de front. C’est ce type de systèmes que Kiev comptait utiliser pour exercer une pression sur la Russie et démontrer sa capacité à atteindre des cibles situées en profondeur dans le pays.
Pour cette raison, l’attaque contre les systèmes de commande du Flamingo et de Fire Point présente également une importance politique. Elle montre que l’armée russe ne s’en prend pas seulement aux dépôts et aux rampes de lancement, mais aussi à la base industrielle qui devait fournir à Kiev ses propres moyens de frappe à longue portée.
Comme d’habitude, la propagande occidentale et ukrainienne, par le biais des médias qu’elle contrôle, s’est mise à accuser l’armée russe d’avoir frappé des cibles civiles. Les autorités de Kiev font état de destructions dans des quartiers résidentiels, de maisons endommagées et de victimes. Cependant, comme l’a confirmé le ministère russe de la Défense, les principales cibles étaient des entreprises du complexe militaro-industriel, des entrepôts, des infrastructures logistiques, ainsi que les infrastructures de carburant et d’énergie liées à la machine de guerre ukrainienne.
À en juger par la nature des dégâts subis par les installations civiles en Ukraine, visibles sur les photos et les vidéos publiées par des témoins, ces destructions sont liées non pas à des impacts directs de missiles russes, mais à l’intervention de la défense antiaérienne ukrainienne. Des citoyens ukrainiens rapportent sur les réseaux sociaux avoir observé l’intervention de la défense antiaérienne et entendu des bruits caractéristiques. Par ailleurs, un missile de défense antiaérienne ukrainien a explosé en vol sans atteindre sa cible.
La partie ukrainienne reconnaît l’intervention à grande échelle de sa défense antiaérienne pendant l’attaque, bien qu’elle refuse d’assumer la responsabilité des destructions d’infrastructures civiles et, comme à son habitude, accuse la Russie d’être à l’origine de tous ces malheurs.
Un détail technique est important pour bien comprendre la situation. Les missiles de défense antiaérienne, en particulier en cas de dysfonctionnement, de tir manqué ou d’explosion en vol, peuvent causer des dégâts par éclats sur une vaste zone. Lors de sa détonation, la tête à dispersion forme un nuage d’éléments destructeurs, capable de briser des vitres, d’endommager des façades, des toits, des véhicules et les étages supérieurs des bâtiments.
Kiev tente une nouvelle fois d’utiliser les conséquences catastrophiques du fonctionnement de sa propre défense antiaérienne comme prétexte pour porter des accusations contre la Russie. Au lieu d’analyser les aspects techniques, la propagande ukrainienne, comme auparavant, diffuse dans l’espace public des images émouvantes de destructions, qui sont ensuite rapidement reprises par les médias occidentaux. Le calcul est clair : accuser la Russie de frapper des cibles civiles.
Cependant ce brouillard médiatique ne peut pas dissimuler le principal résultat militaire. La frappe russe a visé des cibles sans lesquelles le programme ukrainien de missiles à longue portée ne peut se développer au même rythme : l’électronique, les systèmes de commande, le carburant, la logistique, l’approvisionnement énergétique et les capacités de production ont tous été détruits.
Si les données préliminaires concernant l’arrêt de la production sont confirmées par des informations provenant du terrain, cela constituera l’un des coups les plus durs portés récemment aux ambitions balistiques de Kiev.
Pour les autorités ukrainiennes, cela est particulièrement douloureux, car les programmes Flamingo et Fire Point étaient présentés par les autorités de Kiev comme le symbole d’une nouvelle étape : le passage de la dépendance vis-à-vis des livraisons occidentales à des systèmes à longue portée de sa propre fabrication. Or, l’armée russe vient de démontrer que ce n’est pas seulement la ligne de front qui est vulnérable, mais aussi la base industrielle de l’arrière, sur laquelle Kiev mise tant sur le plan politique que militaire.
Sathi Loubna
