La question de la formation des sages-femmes s’est imposée comme un axe stratégique des politiques de santé publique, lors de la Journée internationale des sages-femmes célébrée, le 5 mai 2026, en République du Congo. A cette occasion, les autorités nationales et les partenaires techniques et financiers ont unanimement insisté sur la nécessité de renforcer les compétences pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle et néonatale.
Dans son intervention, la Représentante du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) au Congo, le Dr Agnès Kayitankore, a rappelé que le thème mondial << Un million de sages-femmes de plus >> met en lumière le déficit en personnel qualifié. Elle a également indiqué des professionnels bien formés peuvent prévenir plus de 80 % des décès évitables. << Investir dans les sages-femmes, c’est investir dans la vie >>, a-t-elle affirmé. En dehors du recrutement, la formation continue apparaît comme un levier déterminant. L’amélioration des compétences techniques, la maîtrise des gestes d’urgence et l’actualisation des connaissances sont essentielles pour garantir des soins de qualité dans les contextes les plus complexes. Malgré les progrès enregistrés, avec une baisse notable de la mortalité maternelle de 781 décès pour 100.000 naissances vivantes en 2005 à 304 en 2023, les défis restent importants.
L’insuffisance de sages-femmes qualifiées, particulièrement dans les zones rurales, ainsi que l’accès limité aux services de santé reproductive, freinent encore les avancées. De son côté, le ministre de la Santé et de la Population, Jean Rosaire Ibara, a réaffirmé la volonté du gouvernement de faire de la formation un pilier de sa stratégie sanitaire. Il a annoncé le renforcement des programmes de formation initiale et continue, ainsi que des recrutements ciblés pour combler les insuffisances.Le ministre a également insisté sur l’importance d’améliorer le plateau technique des maternités afin d’accompagner efficacement la montée en compétences des professionnels de santé. <<La compétence est le socle de la sécurité des soins >>, a-t-il rappelé. Dans cette dynamique, le Fonds des Nations unies pour la population et le gouvernement congolais entendent intensifier leur collaboration pour soutenir la formation, le déploiement et l’encadrement des sages-femmes sur l’ensemble du territoire national. Au cœur de cette mobilisation, l’objectif commun est de garantir à chaque femme un accouchement sécurisé, grâce à des professionnels qualifiés, et faire de la formation des sages-femmes, un moteur durable du développement sanitaire en République du Congo.
Flore M. Somboko
