Dans un contexte où la culture et l’entrepreneuriat congolais cherchent à se réinventer, une initiative ambitieuse entend rebattre les cartes. Intitulé « L’entrepreneuriat au cœur de la jeunesse », le défilé de mode prévu le 08 mai prochain s’inscrit dans une dynamique nouvelle, portée par Abdallah Denis Nguesso, acteur engagé reconnu pour son implication dans la production de grandes figures de la musique congolaise.
À travers cet événement, le promoteur Abdallah Denis Nguesso, plus connu sous le nom de Denidé propose bien plus qu’un simple rendez-vous artistique : c’est une plateforme d’expression, de transmission et d’opportunités, résolument tournée vers l’inclusion et la valorisation des talents féminins.
Loin des standards souvent élitistes de l’univers de la mode, ce défilé se distingue par une approche volontairement inclusive. Aucun critère rigide n’est imposé : ni âge, ni morphologie, ni profil type ne viennent limiter la participation. « Nous allons procéder à une première sélection, puis à une seconde. Il faut donner la chance à tout le monde », explique l’initiateur. Une démarche qui vise à ouvrir le champ des possibles à un plus grand nombre de femmes, souvent exclues des circuits classiques.
La sélection finale sera confiée à un jury, garantissant transparence et équité. Une manière d’inscrire l’événement dans une logique à la fois professionnelle et accessible. En effet, derrière ce défilé se dessine une ambition plus large, portée par le groupe ICDE : celle de bâtir un véritable écosystème autour des métiers créatifs et de l’entrepreneuriat.
Couture, coiffure et maquillage seront ainsi réunis sur une même scène. L’objectif est clair : créer des passerelles entre les disciplines et offrir aux participantes une expérience complète, mêlant visibilité, formation et réseautage. « Beaucoup de jeunes se sentent perdus. Il est essentiel de leur offrir des repères », souligne le promoteur. L’événement se veut donc aussi un espace d’apprentissage et de transmission.
Une approche globale entre bien-être et engagement social car au-delà de l’esthétique, l’initiative intègre une dimension sociale forte. Des coachs, des professionnels de santé et des intervenants spécialisés seront mobilisés pour aborder des thématiques essentielles. Au programme : discussions autour de la santé mentale, sensibilisation au cancer du sein et au cancer du col de l’utérus, ainsi que des échanges sur le développement personnel et l’entrepreneuriat féminin. Une approche transversale qui inscrit le projet à la croisée du bien-être, de la culture et de l’impact social.
L’engagement en faveur des femmes trouve également un écho dans le parcours personnel de Abdallal Denis Nguesso. Né un 08 mars, journée symbolique dédiée aux droits des femmes, il évoque l’influence déterminante de sa sœur Edith, qui l’a soutenu dans des moments difficiles de sa vie. Aujourd’hui, au sein de son entreprise, les femmes occupent des postes stratégiques dans des domaines clés tels que le marketing, les ressources humaines, l’administration ou encore le secrétariat général. « Les femmes m’entourent. C’est une bénédiction », confie-t-il.
Son histoire
Entrepreneur depuis l’âge de 19 ans, il souhaite désormais partager son expérience et déconstruire les idées reçues autour de la réussite. « Il faut raconter d’où l’on vient, expliquer comment on construit, et surtout exposer les réalités du terrain », insiste-t-il.
Son ambition : offrir une plateforme accessible à toutes les femmes, sans distinction, et contribuer à combler le manque d’accompagnement dont souffrent encore de nombreux talents. Une réponse aux défis de la jeunesse congolaise car dans un contexte marqué par la précarité, la perte de repères et le manque d’opportunités, cette initiative se veut une réponse concrète aux défis auxquels fait face la jeunesse congolaise.
Elle s’inscrit dans une dynamique nationale impulsée par le président de la République Denis Sassou Nguesso autour de la promotion de l’entrepreneuriat. Pour l’initiateur, le rôle du secteur privé est essentiel pour accompagner cette vision.« L’État impulse, mais il revient aussi aux acteurs privés de prendre le relais », affirme-t-il.
Mais entre manque de structuration, déficit de formation et nécessité de réformes profondes, le secteur culturel congolais est à un tournant. Pourtant, une nouvelle génération d’acteurs engagés émerge, portée par des initiatives innovantes et inclusives.
Derrière le groupe ICDE, il y a avant tout une histoire de résilience. Parti sans véritable accompagnement, son fondateur a su mobiliser ses propres ressources pour bâtir une structure solide, entourée d’équipes techniques engagées. « Ce projet, c’est mon âme et mon esprit. Je l’ai construit avec détermination », confie-t-il.
Enfin au-delà de l’initiative elle-même, le message se veut fédérateur : encourager la jeunesse, valoriser les talents locaux et participer activement au développement du pays. À travers ce projet, c’est une vision plus large qui se dessine : celle d’un Congo où culture, entrepreneuriat et inclusion deviennent les piliers d’un renouveau durable.
Annette Kouamba Matondo
Culture et entrepreneuriat : un projet inclusif au service des femmes et de la jeunesse congolaise
