Le Sénat a ouvert, le dimanche 1er février 2026, sa huitième session ordinaire administrative de la 4ᵉ législature. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le président de la chambre haute du Parlement, Pierre Ngolo. L’évènement s’est déroulé en présence du ministre d’État, ministre des affaires foncières et du domaine public, Pierre Mabiala.*
Cette 8ème session s’inscrit dans un contexte national et international particulièrement sensible. Elle est marquée à la fois par la préparation de l’élection présidentielle de mars 2026 et par des tensions géopolitiques mondiales persistantes. L’ordre du jour de cette session comporte 11 affaires, parmi lesquels, le projet de loi portant création de l’Autorité nationale des enquêtes et d’analyse pour la prévention des accidents et incidents de l’aviation civile ; le projet de loi relatif à l’orientation et au développement de la recherche scientifique et de l’innovation technologique ainsi que le projet de loi fixant l’organisation du système éducatif en République du Congo. Dans son discours d’ouverture, le président du Sénat a lancé un appel solennel à la paix avant la présidentielle. Pierre Ngolo est revenu sur les événements sécuritaires survenus les 11 et 12 janvier 2026 dans le Pool. Il a évoqué avec gravité les affrontements armés qui ont encore ravivé de douloureux souvenirs de l’histoire récente du pays. Le président du Sénat a souligné que de tels incidents ne sauraient être tolérés, surtout à l’approche de l’élection présidentielle des 12 et 15 mars 2026. Ainsi, il a appelé à la responsabilité collective pour garantir un climat de paix, de sécurité et de sérénité. À ce titre, il a lancé un triple appel, d’abord au gouvernement, pour renforcer la sécurité des institutions et des populations et consolider la paix nationale ; puis aux acteurs politiques, afin qu’ils fassent preuve de responsabilité et s’abstiennent de tout acte susceptible de troubler l’ordre public ; enfin aux citoyens car, ils sont invités à se prémunir contre la manipulation, à agir avec civisme et à contribuer activement à la stabilité du pays.
Par ailleurs, Pierre Ngolo a également évoqué la situation économique et financière tendue que traversent le Congo et la sous-région. À ce sujet, il a rappelé les conclusions du sommet extraordinaire de la CEMAC tenu à Brazzaville, le 22 janvier 2026. Il a aussi exprimé le souhait que les résolutions issues de ces assises permettent une meilleure circulation des ressources financières et une gestion plus soutenable de la dette. Sur le plan international, le président du Sénat a dressé un tableau sombre d’un monde en proie à de fortes turbulences, caractérisé par des rivalités géopolitiques, des tensions commerciales et des conflits persistants en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient.
A cet égard, il a cité l’intervention du Président de la République, Denis SASSOU-N’GUESSO, à la tribune de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies. Le président de la chambre haute a souligné la pertinence de l’ appel du Chef de l’Etat en faveur du dialogue et de la diplomatie. Au regard de ces défis, Pierre Ngolo a rappelé la responsabilité du Sénat en tant qu’institution de modération et de conseil de la Nation. Ainsi, il a invité les sénateurs à faire preuve de vigilance, notamment sur la situation sociale, et à agir avec discernement pour préserver la stabilité démocratique.
<<Nous ne pourrons justifier l’efficacité de notre action si la cité brûle et si le pays se fracture >>, a-t-il averti.
La huitième session du Sénat s’est ouverte sous le signe de la responsabilité, de la paix et des enjeux électoraux.
Orland Alain M’badinga.
