L’arbitrage, l’autre perdant de la CAN

La Coupe d’Afrique des Nations Maroc 2025 s’est déroulée dans un climat de suspicion vis-à-vis des arbitres, accusés tout au long du tournoi de favoriser le Maroc, pays hôte, le paroxysme ayant été atteint en finale, dimanche 18 janvier dernier, qui a basculé dans le chaos, à la suite de la multiplication de décisions jugées litigieuses.

L’image la plus marquante de cette Coupe d’Afrique des Nations restera à jamais celle des Sénégalais quittant l’aire de jeu, après le penalty accordé à la toute fin de temps réglementaire, aux Marocains, dans la foulée d’un but refusé aux Lions de la Teranga. Une réaction radicale, certes, mais signe de la nervosité ambiante et de la méfiance dont les officiels ont fait l’objet durant trois semaines qu’a duré cette compétition. Le quart de finale Maroc Cameroun, 2-0, a aussi provoqué la colère des Camerounais qui ont reproché à l’arbitre, un penalty oublié après une faute dans la surface sur Bryan Mbeumo. Le président de la Fédération Camerounaise de football et ancienne star des Lions indomptables, Samuel Eto’o, a écopé de quatre matchs de suspension pour mauvaise conduite.
<<Beaucoup veulent croire ou faire croire aux gens qu’on a des avantages au niveau du corps arbitral. On est l’équipe à battre, donc on va essayer de trouver toutes les bonnes raisons pour dire que le Maroc est avantagé>>, a répondu le sélectionneur marocain, Regragui .
La demi-finale entre le Maroc et le Nigeria n’a pas non plus échappé aux polémiques. << L’arbitre a été épouvantable. Il a pris des décisions vraiment mauvaises et c’est bien pénible de voir des arbitres comme ça dans un grand match>>, a déclaré Bright Osayi Samuel, le milieu des Super Eagles. Mais c’est surtout la gestion de la finale par Jean Jacques Ndala Ngambo qui est pointée du doigt, l’arbitre congolais ayant semblé totalement perdu le contrôle de la situation, et manquant même d’autorité pour pouvoir gérer la crise générée par cette confusion qu’il a lui même entretenue. Concernant le but refusé au Sénégal pour une faute sur le défenseur du Paris Saint-Germain Achraf Hakimi, <<il ya bien eu accrochage, mais c’est très léger>>, estime l’ancien arbitre international français, Bruno Dorien, interrogé par l’A.E.P.
<<Je pense qu’il siffle trop vite. S’il avait laissé jouer sans sanctionner cette faute, le but aurait sans doute été vérifié à la Var et probablement validé>>, a-t-il ajouté. Le penalty accordé au Maroc après un contact entre Brahim Diaz et le défenseur Sénégalais El Hadji Malick Diouf a également été jugé douteux, ajoute l’ancien arbitre français, et fait suite à une <<micro faute>> alors que la tension était énorme, cernée par les joueurs et l’encadrement des deux équipes dans une ambiance rendue assourdissante par les sifflets des spectateurs marocains. Jean Jacques Ndala Ngambo a-t-il eu la sérénité nécessaire au moment de consulter la Var? Sa décision a, en tout cas, provoqué la fureur des Sénégalais dont certains ont quitté le terrain en signe de protestation, interrompant la partie pendant une vingtaine de minutes. A la décharge des Marocains, l’arbitre congolais a aussi été trop passif durant cet épisode rocambolesque. Or, les lois du jeu stipulent que <<un joueur doit être sanctionné s’il retarde la reprise du jeu ou quitte délibérément le terrain sans l’autorisation de l’arbitre >>. Ce qui aurait pu entraîner l’expulsion de plusieurs Sénégalais, déjà sous le coup d’un carton jaune.
<<C’était surréaliste. Si les Sénégalais n’étaient pas revenus sur le terrain, je pense que l’arbitre aurait mis un terme a la rencontre, avec derrière, des sanctions contre le Sénégal>>, affirme Bruno Derrien.
Le président de la FIFA Gianni Infantino a condamné lundi dernier <<le comportement de quelques joueurs Sénégalais et des membres du staff technique>>. Et il a appelé la Confédération Africaine de Football (CAF), à prendre les mesures appropriées. Celle – ci a dans la foulée indiqué qu’elle <<soumettra l’affaire aux instances compétentes afin que des mesures appropriées soient prises à l’encontre des personnes reconnues coupables>>>.

Patrimichel SAH

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