Le Parti Congolais du Travail (PCT): du Marxiste-léniniste à l’Internationale socialiste

De l’idéologie Marxiste-léniniste à sa création, le 31 décembre 1969, par le président Marien Ngouabi, le Parti congolais du travail (PCT) a joué un rôle déterminant en tant que parti d’avant-garde sur la scène politique nationale et internationale, avant son adhésion, en cours, à l’Internationale socialiste. Un parcours considéré comme une victoire énorme, en 56 ans d’existence.

Marien NGOUABI
Président Fondateur du Parti Congolais du Travail

La création du PCT s’inscrit dans un processus d’évolution politique remontant à l’époque coloniale. En effet, les rivalités entre les acteurs politiques favorisèrent un climat délétère entre 1958 et 1959. Ainsi, les tensions qui émaillent la proclamation de la République, le 28 novembre 1958, et l’adoption de différentes lois constitutionnelles, dégénèrent en émeutes touchant Pointe-Noire, Dolisie, atteignant leur paroxysme à Brazzaville, du 16 au 20 février 1959. Au lendemain de l’indépendance du Congo, le 15 août 1960, l’unité nationale est au centre des préoccupations des deux principaux acteurs politiques, Jacques Opangault et l’Abbé Fulbert Youlou. Le rapprochement de ces deux leaders est à l’origine du projet de création d’un parti unique, dans l’esprit de Fulbert Youlou, et se concrétise par la loi n°14/63 du 13 avril 1963. Les syndicats sont les premiers à réagir contre la procédure de création du parti unique. Ils occuperont l’échiquier national jusqu’à l’insurrection des 13, 14, et 15 août 1963 et le renversement du Président Youlou.

Ce mouvement insurrectionnel débouche par la mise en place d’un Conseil national de la révolution (CNR), présidé par le Premier ministre, chef du gouvernement provisoire, Alphonse Massamba Débat. Le CNR avait, entre autres missions, de préparer le Congrès constitutif du Mouvement national de la révolution (MNR), du 29 juin au juillet 1964. Ainsi, le MNR fut le socle d’un système politique gigantesque réussissant très vite à unifier les syndicats, les mouvements de jeunesse, la JMNR (la jeunesse du Mouvement national de la révolution) et les organisations de femmes (Union révolutionnaire des femmes du Congo). Ayant reçu la mission de s’assurer le contrôle politique de la société, en vue de sa transformation et de sa modernisation, le MNR se heurte aux divergences entre partisans d’un socialisme scientifique et d’un socialisme bantou, opposant les intellectuels et ouvrant la voie aux contradictions idéologiques en son sein. Pour s’affirmer, le courant dominant, au pouvoir, engagea une lutte implacable contre les autres tendances à l’intérieur et à l’extérieur du parti unique.

Quatre secrétaires généraux en 56 ans

Ne cachant plus son opposition à la politique intérieure du président Alphonse Massamba Débat, le capitaine Marien Ngouabi est muté à Pointe-Noire, alors qu’il était représentant de l’armée au sein du Comité central du MNR. Par décision présidentielle du 25 juin 1965, le jeune officier (capitaine) est rétrogradé comme soldat de 2e classe, à la suite de son refus de retourner à Pointe-Noire. Un mouvement populaire de protestation est organisé contre cette décision, le 27 juin 1966, débouchant par la réhabilitation du capitaine Marien Ngouabi dans son grade. Mais, il est affecté au bureau d’études de l’Etat-major général sans fonction. Le climat de tension qui s’est installé va accélérer la dégradation de la situation, jusqu’à la mise en place d’un nouveau CNR, le 5 août 1968, présidé cette fois-ci par le capitaine Marien Ngouabi. Ramené au rang de simple membre, le président Alphonse Massamba Débat finira par démissionner.

Après la modification de l’Acte fondamental, le CNR devient l’organe suprême de l’Etat. Le chef de ce conseil étant de droit président de la République, Marien Ngouabi devient par conséquent le troisième président du pays. C’est dans ce contexte particulier, caractérisé par de profonds changements politiques, que le nouveau président de la République annonça la nécessité de prendre les dispositions pour la transformation progressive du MNR en un parti d’avant-garde, un parti fort, s’appuyant sur les masses populaires. C’est ainsi que le PCT est créé, au cours d’un congrès, tenu du 29 au 31 décembre 1969, à Brazzaville.

Marien NGOUABI
President Fondateur du Parti Congolais du Travail

Le 4e congrès extraordinaire de décembre 1990 a porté Edouard Ambroise Noumazalay à la tête du parti, en qualité de secrétaire général. Cessant d’être un parti d’avant-garde, le PCT adopte comme doctrine la Social-démocratie, devenant ainsi un parti de masse.

Edouard Ambroise NOUMAZALAY
Ancien Secrétaire Général du Parti Congolais du Travail (1990-2007)

Le pays optant pour le multipartisme au sortir de la Conférence nationale souveraine de 1991, le PCT s’est arrimé à la nouvelle ère politique. Après la disparition de son secrétaire général, Edouard Ambroise Noumazalay, le 17 novembre 2007, en France, c’est Isidore Mvouba qui a assuré l’intérim jusqu’au 6e congrès extraordinaire de juillet 2011.

Pierre NGOLO
Ancien Secrétaire Général du Parti Congolais du Travail (2011-2019)

Elu secrétaire général du parti à l’issue de cette grand-messe, Pierre Ngolo a passé le témoin à Pierre Moussa au terme du 5e congrès, organisé du 27 au 30 décembre 2019 à Kintélé.

Pierre MOUSSA
Secrétaire Général du Parti Congolais du Travail (2019 à nos jours)

Le mandat de l’actuel secrétaire général du PCT étant arrivé à terme, c’est aux 3000 congressistes attendus au 6e congrès ordinaire de trancher s’il faut reconduire Pierre Moussa à ce poste ou en élire un nouveau, le cinquième du genre.

Parfait Divin Wilfried Douniama

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